Autoroute du Maroc : L’endettement, une option pas si mauvaise

En 2012, le réseau autoroutier a permis un gain de 30 minutes en moyenne tous les 100 km, soit une diminution des coûts du transport de 7 milliards de DH en une année seulement.

Depuis quelques années, l’endettement du Maroc est devenu un sujet polémique qui donne souvent lieu à des critiques virulentes adressées au gouvernement. Les entreprises publiques telles qu’Autoroutes du Maroc n’ont pas échappé à ce vent de critiques. Certains vont jusqu’à parler de mauvaise gouvernance.

Il est vrai que chaque pays est appelé à faire preuve de vigilance quant à l’évolution de sa dette, particulièrement celle qui est levée à l’étranger. Cependant, pour tout pays qui aspire à accélérer son développement, des sources de financement doivent être trouvées. Les économistes les plus avertis, quand ils sont appelés à analyser la question, répondent souvent en renvoyant le problème à ce que l’on fait de l’argent levé grâce à l’endettement. Si celui-ci est investi dans des domaines générateurs de valeur ajoutée, l’endettement ne pose pas problème, tant que cette valeur ajoutée est supérieure au coût de cet endettement. C’est le même résonnement qui doit être prôné aujourd’hui quand il s’agit d’analyser l’endettement d’Autoroutes du Maroc. Il est vrai que pour un capital social de 15 milliards de DH seulement, les 40 milliards de dettes affichés dans son bilan est un chiffre qui a de quoi donner le tournis. Cependant, il faut aussi garder en tête que sans ces levées, le Maroc n’aurait pas pu disposer d’un réseau autoroutier comme celui qu’il a aujourd’hui. Il en fait même une fierté en plaçant le Maroc deuxième du continent par l’étendue de son réseau autoroutier. Et puis, d’un point de vue purement économique, des études réalisées par le passé ont démontré que les milliards investis dans les autoroutes sont récupérés en termes d’économie sur les coûts du transport. En 2012 par exemple, le réseau autoroutier a permis un gain de 30 minutes en moyenne tous les 100 km, soit une diminution des coûts du transport de 7 milliards de DH en une année seulement.

Ce gain est même appelé à s’accroître d’année en année en raison à la fois de l’extension continue du réseau, mais aussi de l’augmentation des besoins en déplacement. Dans le même sens, des études ont également démontré qu’une économie d’au moins 12 milliards de DH a été réalisée grâce aux autoroutes. En investissant dans des autoroutes, le Royaume a évité de lourds investissements dans les axes routiers traditionnels existants pour leur permettre d’accompagner l’augmentation du trafic.

Finalement, s’endetter pour construire le réseau actuel n’a pas vraiment été une si mauvaise idée, quand bien même l’endettement total semble avoir atteint des niveaux élevés. Maintenant, il est vrai qu’avec d’autres modes de financement, comme le partenariat public-privé, les gains auraient pu être plus importants. Les pouvoirs publics semblent en avoir conscience et l’étude pour la restructuration financière d’ADM en est la preuve.