Automobile : un projet de valorisation des batteries usagées est en gestation

Chaque année, 16 000 tonnes de batteries usagées sont mises au rebut. Les batteries usagées seront retournées à  leur fabricant pour être revalorisées et revendues à  un prix raisonnable.

Une filière de valorisation des batteries automobiles est en cours de constitution, selon le département de l’environnement. Une convention liant trois fabricants locaux, Afrique Câbles, Almabat et Tekna, à l’Etat devrait être signée au cours de cette année. Pour le moment, on sait que des points de collecte seront ouverts dans les différentes villes du Royaume. Ces points de collecte, au nombre de 4 par exemple à Rabat, seront a priori positionnés à des endroits stratégiques pour pouvoir recevoir les batteries usagées laissées chez les garagistes. Reste à déterminer le mode et la fréquence de la collecte. Une chose est sûre : les transporteurs, quels qu’ils soient, seront bien entendu agréés pour leur mission. Une fois entreposées aux points de collecte, les batteries usagées retourneront chez leurs fabricants d’origine pour être revalorisées et revendues à un prix raisonnable. Concrètement, elles seront cassées et mises dans les fonderies dont disposent les fabricants. Sachant qu’une batterie automobile contient grosso modo 70% de plomb et 30% de plastique, le plomb est récupéré pour fabriquer de nouvelles batteries et le plastique est revendu à des entreprises opérant dans l’injection plastique. Tout bénéfice donc pour les fabricants !

Le conducteur qui laisse sa batterie chez son garagiste bénéficiera d’une réduction de 10% sur la neuve

Aujourd’hui, les batteries usagées sont la plupart du temps récupérées par des opérateurs informels qui utilisent des fours rotatifs fonctionnant avec des huiles usagées, sans filtre pour les rejets atmosphériques et non sans danger pour les «employés», contrairement aux fonderies installées chez les fabricants qui sont équipées de filtres. Pour accompagner cette convention, un décret d’application relatif à la loi 28-00 sur la gestion des déchets et des arrêtés sont également en cours de finalisation. Il est néanmoins plausible que la convention soit signée avant même la publication de ces textes réglementaires pour accélérer le processus. Un rapport complet contenant des données chiffrées sur les batteries usagées viendra enfin appuyer l’ensemble de la stratégie. On estime pour l’instant à 16 000 tonnes la quantité de batteries usagées comptabilisée chaque année dans le pays.

Le financement pour la mise en place des points de collecte et le coût du transport est toujours en discussion. En aval, une réduction de 10% sera appliquée sur le prix de vente de la batterie neuve acquise par le conducteur qui confiera son ancienne batterie au garagiste pour collecte. Pour les professionnels, l’objectif est d’interdire la vente des batteries d’occasion. Enfin, un comité technique représentant chacune des parties prenantes sera mis en place pour assurer le suivi du programme de valorisation de ces batteries usagées.