Automobile : la tutelle sévit contre les centres de visite technique

Les 700 contrôles effectués en 2014 ont donné lieu à  des sanctions à  l’encontre de 25 centres techniques. Le ministère en charge du transport veut les impliquer encore plus dans la lutte contre les accidents de la route.

Avec une montée du nombre d’accidents mortels de la route ces dernières semaines, les regards sont de nouveau tournés vers les centres de visite technique. Les parlementaires du PJD n’ont en effet pas attendu que les causes du malheureux accident de Tan Tan, ou de ceux qui l’ont suivi, soient connues pour interpeller Mohamed Najib Boulif, ministre délégué chargé du transport, sur les dispositions prévues pour renforcer la crédibilité des contrôles techniques des véhicules. La liaison faite par ces députés entre la multiplication des accidents mortels et le rôle des centres se justifie principalement par le fait que les statistiques ont démontré que près du tiers des accidents sont dus à des problèmes mécaniques. Or, les conducteurs peuvent profiter de la complicité de certains agents pour obtenir leur attestation malgré des défaillances plus ou moins importantes.

Cette donne, le ministère semble en avoir bien pris conscience depuis près d’un an. L’année 2014 a en effet marqué un tournant dans le suivi de l’activité des centres techniques. Le nombre de contrôles a été multiplié par 7, passant d’une centaine en 2013 à 702 en 2014. Pour atteindre cette cadence, la tutelle a dû recourir à un cabinet spécialisé qui a mené plus de 450 sorties venues s’ajouter à celles des équipes du Centre des essais et d’homologation (CNEH) relevant du ministère de l’équipement et du transport.

Des centres qui avaient déjà écopé de sanctions plutôt légères en 2013 (www.lavieeco.com) ont cette fois-ci subi la foudre du ministère. En effet, 25 d’entre eux se sont vu suspendre leur autorisation d’exercer pendant trois mois, le temps qu’ils se mettent en règle. Dans plusieurs autres centres, des lignes de contrôles pour véhicules légers et poids lourds ont aussi été suspendues.

2,17 millions de visites techniques opérées en 2014

Parallèlement au contrôle, les pouvoirs publics ont également fait jouer la carte du dialogue. A ce titre, une rencontre avec les professionnels a été tenue, il y a quelques mois, pour faire le point sur les défaillances relevées au niveau des contrôles, mais aussi pour mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour du rôle que sont appelés à jouer les professionnels de la visite technique dans le cadre des efforts de lutte contre les accidents de la route. Dans ce sens, décision a été prise de soutenir ces structures dans le cadre du renforcement de la qualité des prestations, avec la création d’un prix d’excellence pour des centres et des contrôleurs. Le ministère, via le Comité national de prévention contre les accidents de la circulation (CNPAC), étudie même d’autres pistes de collaboration avec les centres pour les impliquer davantage dans la sensibilisation des conducteurs. Un premier accord a été conclu dans ce sens fin février dernier avec SGS Maroc pour faire bénéficier les automobilistes de sessions de sensibilisation lors des temps d’attente.

Notons qu’en 2014, les 290 centres de visite technique opérationnels dans le Royaume ont effectué 2,17 millions de visites, soit 4,64% de plus qu’en 2013. En principe, 59 nouveaux centres devraient ouvrir à partir de cette année. Les résultats de l’appel d’offres seront bientôt rendus publics. Ces nouveaux centres devraient contribuer à l’amélioration de la qualité des prestations dans le sens où le cahier des charges prévoit la couverture des cinq régions où il n’en existait pas, ce qui est de nature à éviter aux automobilistes de longs déplacements. Des ouvertures sont programmées dans 10 autres régions de manière à réduire la pression sur l’existant qui frôle la saturation lors des périodes de pic d’activité.