Auto-entrepreneurs : Questions à  Hassan Bertal, DGA d’Attijariwafa bank en charge de la PME

«Les banques considèrent le statut de l’auto-entrepreneur comme un projet de société»

La Vie éco : Quelle est la place de cette population dans le business modèle d’Attijariwafa bank actuellement ?  

Il faut d’abord souligner que notre groupe est historiquement engagé auprès de l’auto-entreprenariat de manière générale. Nous comptons dans notre portefeuille clients un nombre important de PME familiales structurées qui ont commencé il y a 20 ou 30 ans par l’entreprenariat individuel, et qu’on a  accompagnées par une offre de produits et services, mais surtout par un conseil à forte valeur ajoutée, contribuant ainsi à leur développement tout au long du cycle de vie de l’activité. La population des auto-entrepreneurs a donc toujours bénéficié d’une attention particulière et d’une vision stratégique que nous allons continuer à adapter et enrichir en fonction de l’évolution des besoins de cette cible, et en tenant compte de la transformation de l’environnement économique et réglementaire. A cet effet, notre vision a bien entendu déjà intégré les orientations nationales avec le vote de la loi 114-13 relative au statut de l’auto-entrepreneur. Notre volonté est de confirmer notre position de partenaire des programmes d’envergure nationale à travers un accompagnement volontariste, et ce, en activant toutes les synergies et domaines d’expertises avec nos différents partenaires afin de promouvoir la dynamique entrepreneuriale dans notre pays.

 

Comment la banque appréciera-t-elle le profil de risque d’un auto-entrepreneur et quelles en sont les spécificités ?  

Dans la mesure où l’auto-entrepreneur est un agent économique avec un réel statut juridique, économique, fiscal et social, les règles en matière d’appréciation de risque bancaire seront applicables en tenant compte en principe de différents critères quantitatifs, qui intégreraient les spécificités comptables et fiscales de ce statut, et de critères qualitatifs. 

 

D’après nos informations, les garanties personnelles ne seront plus retenues. Quelles sont alors les couvertures qui seront exigées par les banques en contrepartie de leur exposition ?

En principe, cela dépendra comme je l’ai évoqué de la politique de risque de chaque établissement. Toutefois, il y a lieu de préciser qu’à part les garanties personnelles, il existe aujourd’hui d’autres mécanismes qui peuvent se substituer à cette forme de garantie. Je pense particulièrement aux différentes garanties proposées par la Caisse centrale de garantie dans le cadre de la création et du développement d’une activité. Nous constatons souvent un manque d’information sur ces mécanismes, et nous souhaitons œuvrer, justement, à travers notre dispositif dédié et la force de notre réseau à une meilleure diffusion de ces mécanismes et de toutes formes d’informations utiles auprès de cette population.

    

Quand verra-t-on les offres commerciales des banques ? 

n Je pense que l’ensemble des organismes bancaires considère le statut de l’auto-entrepreneur comme étant un projet de société au regard des enjeux en matière de création de valeur, de richesse et d’emplois dans notre pays. L’adhésion de l’ensemble des acteurs a été largement exprimée dans le cadre de la préparation de la loi. Pour notre part, nous sommes prêts à accompagner ce projet une fois que la loi sera finalisée sur le plan opérationnel.