«Un réel partenariat public-privé s’installe dans l’Oriental»

Un système de suivi et d’évaluation intégré et participatif du PMV réunit tous les acteurs publics et privés et permet d’évaluer les réalisations, d’ajuster, d’améliorer et d’accélérer au besoin. La démarche participative adoptée au niveau des projets du plan a permis une adhésion totale et inattendue des agriculteurs.

Aujourd’hui, le Plan Maroc Vert en est pratiquement à sa cinquième année. La région de l’Oriental a réalisé de belles avancées. Quels ont été les principaux facteurs de réussite du plan dans la région ?
Tout d’abord, l’approche adoptée dans l’élaboration du plan agricole de la région de l’Oriental est basée sur un diagnostic de la situation de l’agriculture dans la région qui nous a permis de dégager les faiblesses et les forces du secteur agricole. Nous avons également essayé d’avoir une répartition spatiale équilibrée des projets retenus sans oublier que l’ensemble des filières de production ont été retenues.        
La région de l’Oriental a une diversité écologique exceptionnelle : périmètre irrigué (Moulouya), montagnes et forêts (Tafoughalt, Debdou, Jerada), zones de cultures pluviales (plaines des Angad), steppes (hauts plateaux) et écosystème oasien et présaharien (Bouarfa, Figuig). En outre, les agriculteurs de la région possèdent une expérience et un savoir-faire précieux sans oublier la densité du tissu des organisations professionnelles des agriculteurs (associations, coopératives,…).
Dans l’Oriental, un réel partenariat public-privé s’installe. En effet, la Direction régional-de l’agriculture de l’Oriental, la Chambre régionale d’agriculture et tous les partenaires publics déploient des efforts continus pour accompagner, coordonner et faciliter la mise en place des projets. Le reste du travail se fait au niveau des interprofessions qui représentent tous les acteurs privés au niveau des filières de production porteurs de projets.
Aussi, en matière de gouvernance des projets, il a été mis en place un système de suivi et d’évaluation intégré et participatif qui réunit tous les acteurs publics et privés qui permet d’évaluer les réalisations, d’ajuster, d’améliorer et d’accélérer au besoin.
Enfin, le Fonds de développement agricole (FDA) a contribué efficacement pour atteindre ce niveau des réalisations dans l’Oriental, à travers des aides et des subventions visant à inciter les investissements privés.

Au regard de votre expérience sur le terrain, comment le Plan Maroc Vert est-il perçu aujourd’hui par les agriculteurs ?
Véritable plan de relance des investissements et de réforme du secteur agricole destiné à accroître sa productivité, la richesse et l’emploi qu’il crée, cette nouvelle stratégie repose en particulier sur une forte mobilisation de fonds publics nationaux et internationaux, notamment en faveur de l’agriculture solidaire. Le Plan Maroc Vert a mis en place de nombreuses mesures d’accompagnement et de réformes institutionnelles et organisationnelles créant un environnement d’investissement très favorable et une force d’entraînement au service du secteur agricole, ce qui a permis une adhésion totale des agriculteurs aux projets du PMV.

En tant que responsable régional dans le secteur agricole, comment appréciez-vous les changements apportés par le Plan Maroc Vert en termes de démarche et d’approche du terrain, de méthode de conduite du travail… ?
Le Plan Maroc Vert a adopté une approche opérationnelle d’intervention ciblant des projets selon deux piliers : le pilier de l’agriculture à forte valeur ajoutée (Pilier I) et le Pilier II pour l’agriculture solidaire. Ceci en parallèle à des actions transverses pour accompagner ces projets (réhabilitation des périmètres irrigués, économie d’eau, incitations dans le cadre du FDA, mise en place de l’assurance multirisque, conseil agricole, formation des agriculteurs, promotion des produits de terroirs…).
Avant le Plan Maroc Vert, les interventions publiques en matière de développement agricole reposaient essentiellement sur le développement d’actions non intégrées depuis l’amont agricole jusqu’à l’aval (valorisation et commercialisation) et sur une approche relativement techniciste. Avec le Plan Maroc Vert, l’approche d’intervention concerne le développement et l’intégration de l’ensemble des filières agricoles, de l’approvisionnement en intrants jusqu’à la commercialisation des produits agricoles. Des modèles innovants d’intégration (l’agrégation) des agriculteurs dans les filières sont ainsi mis en place pour permettre d’améliorer le lien entre la production et le marché, le conseil aux producteurs, l’accès au financement agricole…

En finançant les projets productifs présentés par les groupements d’agriculteurs, le Plan Maroc Vert renforce le rôle des agriculteurs et de leurs organisations dans la réussite des projets de développement agricole. En plus, le PMV a réservé une importance particulière à la formation des agriculteurs pour la mise en œuvre de leurs projets mais aussi à la structuration des interprofessions agricoles.
Comment toutes les nouveautés du PMV ont-elles été assimilées par les agriculteurs ? N’y a-t-il pas eu quelques réticences ou craintes au début ?
Toutes les nouveautés ne sont pas tout de suite adoptées par les agriculteurs, surtout quand il s’agit de projets à réaliser dans les fermes et exploitations des agriculteurs, notamment les projets de reconversion vers des cultures à forte valeur ajoutée. Mais la démarche participative adoptée au niveau des projets du pilier II en matière de reconversion, en plus de l’intégration de la filière concernée depuis l’amont agricole jusqu’à la mise en place des unités de valorisation, a permis une adhésion totale et inattendue des agriculteurs à ces projets de reconversion. La preuve c’est que jusqu’à présent, en terme de réalisation, nous avons dépassé en 2014 le nombre de projets pilier II prévus à l’horizon 2020. Aussi, les agriculteurs sont toujours demandeurs de ces projets au niveau de l’agriculture solidaire.
 
Quels sont les principaux chantiers pour les années à venir dans l’Oriental ?
Tout ce qui a trait à la valorisation et l’exportation des produits agricoles et ce qui favoriserait l’amélioration de la commercialisation. En effet, l’Agropole de Berkane, projet structurant porteur pour l’Oriental, est parmi les premiers agropoles mis en place au niveau national et où le Qualipole Alimentation a été inauguré par S.M. Mohammed VI, le 24 juin 2013. Ce projet ambitionne de mobiliser le plus grand nombre d’acteurs affiliés au secteur agro-industriel, en s’appuyant sur les partenaires régionaux et nationaux, afin de permettre la création d’une plateforme régionale de référence pour le regroupement, la commercialisation, la transformation et la distribution de produits agricoles.