Atlas Blue transporte 450 000 passagers en sept mois

Le taux de remplissage de ses vols est de 83%, un peu plus de 90% sur les charters.
Le système de réservation par internet réalise un chiffre
d’affaires quotidien de 50 000 euros.

En dépit des doutes affichés par les professionnels de l’aviation, Atlas-Blue semble tenir le cap. La société low-cost, filiale de la RAM, qui a démarré son activité le 1er novembre dernier, avait transporté, à fin mai 2005, quelque 450 000 personnes dont un quart de Marocains. «Un chiffre en ligne avec nos prévisions, affirme Zouheir El Oufir, son président du directoire, puisque vers la fin de l’année 2005 nous comptons atteindre 940 000 passagers.» Plus significatif est le taux de remplissage des six 737/400 loués auprès de la RAM. Il est, à l’heure actuelle, de 83% en cumulé, soit un peu plus de 90% sur les vols charters qui mobilisent 65% de ses dessertes, et 65% pour les vols réguliers. Autre performance à souligner, le ratio effectif/avion est de 30 personnes seulement. Un chiffre à comparer à celui d’une compagnie classique qui est de 100. La prouesse est rendue possible par la sous-traitance de certaines activités (handling, maintenance, plan de vol…) auprès de la RAM.

Le commerce électronique, un handicap au Maroc
Mais le succès affiché tient aussi à une politique commerciale agressive. Avec des tarifs moins chers de 30% que ceux des compagnies classiques, la compagnie arrive à séduire une clientèle sensible au coût du voyage. A 880 DH/ TTC, on peut aujourd’hui s’offrir, au départ de Marrakech ou d’Agadir, un aller simple pour Bordeaux, Toulouse, Milan, Londres, Bruxelles ou encore Amsterdam. Signalons par ailleurs qu’Atlas Blue propose, sur certaines destinations, un pack comprenant un billet et un hébergement en hôtel. La nouvelle compagnie, qui disposera d’un terminal à Marrakech dès juillet 2005, veut par ailleurs concevoir des produits à partir (et vers) la Russie, un marché où un gros portefeuille de clientèle se fait jour.
A noter qu’Atlas Blue offre ses services via internet et réalise une moyenne de vente de 50 000 euros (550 000 DH) par jour par ce canal où ne sont encore recevables que les cartes de paiement étrangères. Ce qui explique sans doute, pour une compagnie censée drainer l’essentiel de son chiffre d’affaires sur la toile, que les citoyens résidents au Maroc ne représentent que le quart de ses passagers.
En attendant le développement du paiement électronique dans le pays, les Marocains désireux d’acheter les produits de ce transporteur peuvent le faire de différentes manières. Une fois leur choix fixé à travers une visite du site (www.atlas-blue.com), la première possibilité est de réaliser la transaction, soit à travers les deux agences dont dispose la compagnie à Marrakech et à Agadir, soit à travers un réseau déjà en place et qui comprend les agences d’Atlas Voyages, S’tour ou KTI. Un autre moyen d’acheter les billets du transporteur est de passer par le call center (082 00 90 90) et procéder au paiement par carte bancaire marocaine, à travers Maroc Telecommerce.
Le modèle ainsi imaginé réussira-t-il ? Pour le moment l’optimisme est de mise…

On peut aujourd’hui, pour 880 DH, s’offrir à partir de Marrakech ou Agadir un aller simple pour Bordeaux, Toulouse, Milan, Londres, Bruxelles ou Amsterdam.