Assurance auto : tarifs inchangés en 2007

Des contraintes financières et techniques sont à l’origine de la situation.
Les compagnies se livrent plutôt une bataille sur les garanties et services
annexes.

Dernière à avoir été déréglementée, en juillet 2006, l’assurance responsabilité civile (RC) applicable à la couverture du risque automobile ne subira ni hausse ni baisse en 2007, en dépit de la disparition du tarif unifié. Selon les assureurs, la variation n’est pas pour demain. Ils estiment que l’impact de la libéralisation sera ressenti à moyen ou long terme et ce pour deux raisons. Premièrement, le marché de l’assurance appelle aujourd’hui à une grande prudence car, explique un professionnel, «il y a la contrainte financière. Une compagnie ne peut pas au lendemain de la libéralisation décider d’une variation de ses tarifs responsabilité civile car elle risque, en raison des règles prudentielles et des dispositions réglementaires, de le payer très cher et de mettre en danger sa solvabilité». Deuxièmement, «il y a des difficultés techniques qui empêchent actuellement les compagnies d’amorcer une libéralisation des tarifs RC».

Ces difficultés viennent en fait de l’absence d’une base de données fiable permettant aux compagnies d’évaluer leur sinistralité et donc de procéder à un calcul exact de la prime RC. L’absence de base de données est due à la taille souvent très petite de certains portefeuilles, explique-t-on. Ainsi, les assureurs signalent le nombre réduit de camions de poids supérieur à 12 tonnes, de vélomoteurs de puissance supérieure à 50 cm3 ou d’engins de chantiers. L’étroitesse des portefeuilles est flagrante pour les véhicules de tourisme dont la puissance fiscale est inférieure à 4 CV.

Des cartes de fidélité à 1 DH
Pour faire face à cette contrainte, les compagnies travaillent sur un projet de mutualisation des données qui leur permettra de cerner la sinistralité, d’évaluer leurs coûts et de déterminer leurs marges.
En revanche, les compagnies se livrent une véritable bataille sur les garanties et services annexes. Rappelons que pour les garanties annexes, la libéralisation des tarifs est en vigueur depuis 2000. L’offre est assez large : assistance, règlement rapide des sinistres, réductions (allant parfois jusqu’à 50%) au profit des conjoints, carte de fidélité et protection complémentaire. En général accordées moyennant une cotisation annuelle de 100 DH, ces garanties sont aujourd’hui, du fait de la concurrence, facturées à un dirham par certaines compagnies.

Cette bataille commerciale augure, selon les professionnels du secteur, des bienfaits de la libéralisation qui contribuera au développement de la branche automobile. Celle-ci représente 40 % du marché global de l’assurance, avec un chiffre d’affaires de 4,65 milliards de DH. Cette branche progresse de 4 à 5% par an, à peu près au même rythme que le marché de l’automobile.