Assurance auto internationale : plus de 60 000 attestations délivrées à  fin août

La production et l’utilisation des cartes vertes sont en hausse soutenue depuis 2008. 80% des accidents impliquant des véhicules de Marocains surviennent en Espagne.

Les Marocains privilégient de plus en plus le déplacement à l’étranger en voiture. Selon les chiffres du Bureau central marocain d’assurance (BCMA), qui gère le système de cartes vertes internationales d’assurance automobile (dites cartes vertes), communiqués en exclusivité à La Vie éco, 76500 cartes ont été produites à fin août 2015 contre 71 650 au titre de la même période de 2014, soit une hausse de 7%. A défaut de statistiques précises sur le nombre des cartes effectivement distribuées aux voyageurs, les responsables de BCMA affirment qu’entre 80 et 90% des cartes émises par le bureau sont remises par les compagnies d’assurance à leur clientèle, soit plus de 60 000 cartes sur les huit premiers mois de 2015. La production est très corrélée à la consommation, puisque plusieurs assureurs ne constituent plus de stocks comme par le passé et attendent la demande des clients pour commander les cartes auprès du BCMA. «Depuis plus de 5 ans, la demande qui nous est adressée pour les cartes vertes ne faiblit pas avec un rush particulier à partir de mai», rapporte un responsable de la branche automobile chez une compagnie de la place. 

Plusieurs éléments expliquent cette tendance de voyage chez les Marocains. D’abord, assureurs et sociétés d’assistance estiment que les voyageurs de la classe moyenne préfèrent de plus en plus disposer de leurs voitures pour plus de liberté aussi bien lors du trajet qu’une fois arrivés à destination. Ensuite, une bonne partie des voyageurs se rendent à Sebta et Mellilia, surtout pour y faire des courses, sans traverser la Méditerranée. De plus, les coûts de transport, notamment pour les familles nombreuses, sont très bas en comparaison avec l’avion. Le budget du séjour est aussi déterminant. Passer un séjour dans le Sud de l’Espagne dans une résidence avec tous les moyens de confort coûte de loin moins cher que d’aller dans un hôtel 5* dans une destination balnéaire nationale.  

Cette tendance à se déplacer en voiture à l’étranger est également rapportée par le nombre croissant des accidents survenus à l’étranger et impliquant des voitures immatriculées au Maroc. D’après la direction déléguée de BCMA, les sinistres sont de plus en plus nombreux. Au titre des huit premiers mois de 2015, environ 400 dossiers ont été ouverts.

Environ 80% des accidents impliquant des véhicules de Marocains surviennent en Espagne

La décomposition de la structure des sinistres sur les dernières années corrobore le constat. En effet, la part des Marocains résidents à l’étranger (MRE) dans les sinistres déclarés est en baisse continue depuis 2008. Alors que près de 99,43% des dossiers de sinistres ouverts auprès du BCMA il y a 6 ans concernaient ces ressortissants, cette proportion baisse à 97,73% en 2011 puis à 94,3% en 2012. Etant donné que le BCMA gère et règle, en même temps, les sinistres survenus sur le territoire marocain et causés par des véhicules immatriculés à l’étranger (en majorité MRE), et les sinistres survenus à l’étranger et causés par des véhicules immatriculés au Maroc, la baisse de la part des dossiers MRE signifie, toutes choses égales d’ailleurs, qu’il y a plus de trafic de l’autre côté de la Méditerranée.

Dans le même registre, la répartition des dossiers ouverts à fin août 2015 selon le pays où a eu lieu l’accident continue de faire apparaître la prédominance de l’Espagne avec 77,8%, suivie de la France avec 13,9%. Les véhicules immatriculés au Maroc et impliqués dans des accidents en Belgique participent, pour leur part, à hauteur de 2,1% aux sinistres déclarés, tandis que le reste des accidents survient au Portugal, en Allemagne et aux Pays-bas. Sur l’ensemble de ces sinistres, 88% sont matériels et 12% corporels.S’agissant des montants en jeu, le BCMA a transféré environ 22 MDH au titre des 8 premiers mois 2015 au profit des victimes résidant à l’étranger ou leurs ayants droit, soit le montant transféré au titre de toute l’année 2014. Sur ces transferts, 56,1% sont destinés à l’Espagne, 37,5% à l’Italie et 2,9% à la France.