Artisanat : restructuration et organisation des métiers du secteur

• La stratégie portée par le projet de loi 50-17 en phase finale d’adoption sera bientôt mise en œuvre.
• La généralisation de la couverture sociale et médicale des artisans tant attendue depuis 30 ans va enfin avoir lieu.
• Marketing et nouvelles méthodes de commercialisation à travers le développement du e-commerce sont aussi à l’ordre du jour.

Plus de 2,4 millions de travailleurs, soit 20% de la population active, les métiers de l’artisanat occupent un rôle économique et social dans le Royaume. Cette population de travailleurs, qui vit dans la précarité, attend depuis fort longtemps l’amélioration de ses conditions vie. C’est l’objectif au cœur du plan de relance du secteur initié par le ministère de tutelle. Après son adoption au Parlement, le 30 juin dernier, le nouveau dispositif juridique régissant l’activité devrait être très bientôt publié au Bulletin officiel (www.lavieeco.com). Ce projet de loi 50-17 relatif à l’exercice des activités de l’artisanat va permettre de définir le périmètre du secteur, d’identifier les catégories d’acteurs du secteur. Pour l’heure, les textes d’application de ce cadre juridique sont en cours d’élaboration. Le département de tutelle prépare de même une compagne de sensibilisation au profit des acteurs du secteur pour accompagner la mise en œuvre du cadre juridique.
En attendant, les responsables institutionnels en charge du chantier travaillent sur le contenu de la plateforme électronique relative au registre national de l’artisanat dont la création est une mesure phare de ce programme. Ce registre permettra de généraliser la couverture sociale au profit d’une large catégorie d’artisans, est-il précisé dans un document de présentation du plan de relance. Le dispositif contribuera ainsi à la généralisation du régime de l’assurance maladie obligatoire de base et du régime de retraite sur le secteur de l’artisanat.
En outre, il favorisera aussi l’octroi d’avantages aux artisans inscrits, tels que des appuis techniques, la participation aux salons et foires, aux prix et trophées ainsi que l’accès à la formation continue.
La réforme vise également l’organisation du tissu associatif du secteur par l’institution des organismes professionnels locaux, régionaux et nationaux représentant les différentes activités de l’artisanat. Il s’agit de refaire vivre les institutions coutumières telles que le Mohtassib et l’Amine qui ont un rôle crucial dans l’encadrement et l’organisation des métiers. Objectif: assurer une vraie représentativité des acteurs au sein des différents organismes professionnels. Pour ce faire, il est prévu dans ce cadre d’instituer des ordres de métiers qui auront un rôle d’interlocuteurs professionnels vis-à-vis des autorités locales, régionales ou nationales. La définition des activités de l’artisanat et des différentes catégories d’acteurs offrira la possibilité d’augmenter la capacité du ciblage des programmes de développement économique et social en faveur du domaine
A travers la restructuration du Conseil national de l’artisanat, il s’agit d’asseoir un organe consultatif participant au développement du secteur de l’artisanat.

Des mesures pour doper le commerce des produits d’artisanat

Etre une force de proposition pour l’amélioration de la situation sociale des artisans et la garantie d’un environnement propice au travail est une de ses missions. Il sera aussi en charge de la facilitation de la commercialisation des produits dans les marchés intérieurs et le renforcement de leurs capacités pour relever le défi de la concurrence internationale sur les marchés extérieurs, est-il indiqué. Il devrait également s’impliquer dans les orientations stratégiques de la politique de l’Etat pour le développement de l’artisanat.
Le tout cible l’amélioration de l’image de marque de l’artisanat par la qualification des artisans, sans oublier la lutte contre l’informel. Et ce pour renforcer la confiance du consommateur et valoriser l’exercice des activités de l’artisanat.
Le contexte actuel du Covid-19 a démontré combien il est nécessaire d’accélérer cette réforme. Une enquête nationale, réalisée par le ministère, a révélé que les mois de confinement ont engendré une chute de 79% de ventes en raison de la fermeture des espaces de production et de commercialisation. Le secteur a enregistré également des annulations de commandes nationales et étrangères, ainsi que l’arrêt des exportations de produits et l’importation des matières premières. La promotion des ventes en ligne est le projet phare qui est mené aujourd’hui au niveau institutionnel pour dynamiser le commerce des produits de l’artisanat. Pour le moment, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour la mise en place de partenariats avec des opérateurs de e-commerce. Les mesures pour doper le commerce des produits d’artisanat s’articulent également autour de la mise en place de salons régionaux et d’espaces solidaires de commercialisation des produits des coopératives d’artisanat au sein des ensembles d’artisanat. Il s’agit d’aider les artisans à mieux promouvoir, packager, vendre leurs produits et les former au digital. Autant de mesures pour encourager cette population active, qui représente 6,5% du PIB du Maroc, à l’adhésion au secteur formel.