Argan Capital se lance dans le rachat d’entreprises en difficulté

Elle noue un partenariat avec le belge Prado Finance pour créer un fonds de 300 MDH. L’idée est de racheter des sociétés pour les redresser et les revendre.
Les actifs gérés par Argan Capital totalisent plus de 4 milliards de DH.

Après avoir élargi le spectre de ses interventions en lançant, depuis 2005, des fonds d’investissement spécialisés (tourisme, immobilier et LBO), Argan Capital, filiale du groupe Benjelloun dans les métiers de capital investissement, s’apprête à se lancer dans le capital-retournement. En effet, La Vie éco a appris, de sources bien informées, que des discussions en cours avec son partenaire Prado Finance, société d’investissement belge spécialisée dans les services financiers et l’environnement, devraient aboutir très prochainement à la création d’un véhicule dédié à la restructuration d’entreprises en difficulté qui sera doté de plus de 300 MDH de fonds propres. Le concept, qui fait de plus en plus d’adeptes en Europe par ces moments de crise, de grandes difficultés économiques et d’exacerbation des défaillances d’entreprises, consiste à racheter des sociétés confrontées à des difficultés d’ordre financier et/ou opérationnel dans l’optique de les  redresser pour les revendre.

Une rentabilité  aussi élevée que les risques
Ce segment du capital investissement permet de dégager des taux de rentabilités internes des plus intéressants, mais présente également des risques élevés.
Argan Capital, qui revendique la place de leader au Maroc dans le capital-investissement avec un actif sous gestion de plus de 4 milliards de DH, compte capitaliser sur le savoir-faire de sa filiale Capital Invest dans la gestion de fonds d’investissement généralistes, pour réussir ce pari. Il faut dire qu’avec son deuxième fonds Capital north africa venture (Cnav), lancé en 2006 et spécialisé dans les opérations LBO, le gestionnaire s’est familiarisé avec les acquisitions majoritaires (Mobilia, Indusalim et Univers Motors), ce qui est un atout dans le capital-retournement où il s’agit non seulement d’accompagner le management mais d’infléchir de nouvelles stratégies et repositionnement de business. De son coté, Prado Finance avance ses pions au Maroc après avoir été, en 2007, un des bailleurs de fonds au deuxième tour de financement de CNAV.