Aquaculture : 38 projets d’investissement déposés à  l’ANDA dont 20 sont actifs

Les projets ont été déposés en dehors de l’appel à  manifestation d’intérêt relatif à  la zone méditerranéenne. Une cartographie des zones potentielles de production sur tout le littoral marocain est en préparation.

On ne chôme pas du côté de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA). Après l’appel à manifestation d’intérêt qui a concerné 4 concessions en mer dans la zone méditerranéenne, entre cap Mazari et cap Targha, l’agence prépare déjà un travail d’investigation à la suite de quoi une cartographie, qui définit les zones potentielles aquacoles mais cette fois-ci de tout le littoral marocain, sera publiée. «On en est à l’étape des études et de l’identification des sites et du potentiel réel du littoral marocain. Les résultats devront être disponibles début 2014», déclare Majida Mâarouf, directrice de l’ANDA. Cependant, les investissements ne sont pas conditionnés à cette exploration. En effet, 38 projets sont déposés à l’agence dont une vingtaine sont actifs. Parmi ces 20 dossiers, 10 sont en état d’avancement poussé (étape administrative et acquisition et aménagement de l’espace à terre).

L’agence a cependant relevé que les investisseurs font face à un problème de disponibilité du foncier. En effet, pour toute ferme aquacole, l’investisseur doit disposer d’un espace à terre. Ce qui devient de plus en plus rare et, dans certaines régions (littoral méditerranéen), les prix sont exorbitants. La deuxième entrave à l’investissement porte sur l’accès aux intrants. En effet, les droits de douane sur les importations de semence pour les petits coquillages et petits poissons ainsi que sur les aliments sont jugés élevés. Mais pour réduire la dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers, l’Etat pourrait investir dans la production de semence.

L’ANDA n’est pas seule dans sa mission de favoriser l’essor de l’aquaculture au Maroc. L’Institut national de la recherche halieutique (INRH) est également mis à contribution pour réfléchir aux potentialités du secteur et son impact sur l’environnement. A ce titre, il est en train d’identifier des sites propices à la culture de certaines espèces. A titre d’exemple, l’élevage de palourde peut être développé dans les zones basses des estuaires et des lagunes de la côte Atlantique qui sont facilement aménageables. Trois sites présentent les caractéristiques requises : les lagunes de Moulay Bousselham et de Sidi Moussa ainsi que l’estran de la baie de Dakhla.

Une production de 200 000 tonnes en 2020 visée dans le plan Halieutis

Un bon emplacement est nécessaire, mais pas suffisant. Les experts insistent sur l’obligation de protéger l’environnement marin afin de donner à l’aquaculture marocaine un label de qualité. A ce titre, il est impératif de prévoir une réglementation à cet effet. Dans le même sens, des seuils de tolérance des éléments polluants sont à établir en fonction des capacités du milieu.
A travers le plan Halieutis, l’Etat entend bien faire de l’aquaculture une branche essentielle du secteur de la pêche. Cette activité contribue en effet à la reconstitution et à la régénération des stocks qui font l’objet d’une surexploitation et, au bout du compte, permet de garantir la sécurité alimentaire. Justement, ce plan, dont le deuxième salon se tiendra à Agadir du 13 au 17 février, prévoit une production annuelle de 200 000 tonnes à l’horizon 2020. Mais selon Majida Maarouf, il est possible d’atteindre «les 5 000 tonnes de production annuelle à court terme si l’on arrive à mettre en place dans les délais les orientations d’Halieutis».

Pour le moment, la contribution de l’aquaculture à la production totale du secteur (un million de tonnes par an en moyenne) est insignifiante. Elle s’est même effondrée par rapport au milieu de la décennie 2000-2010. D’après les chiffres du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, la production n’était plus que de 330 tonnes en 2010 au lieu de 1 500 tonnes en 2005. Cette production provient essentiellement de la baie de Dakhla qui contribue avec un volume de 280 tonnes d’huîtres, soit 84% du volume, toutes espèces confondues. Les régions de M’diq, F’nideq et Oualidia récoltent respectivement 37 tonnes de loup et dorade, 13 tonnes de moules et 3 tonnes d’huîtres.

Ce bilan n’a pas trop changé depuis 2010, selon l’ANDA, puisqu’on «compte toujours le même nombre d’opérateurs et les mêmes bases opérationnelles».