Après les hydrocarbures, l’Etat Marocain s’apprête à  réviser la structure tarifaire du sucre

La marge de distribution et de transport fixée à  6% est jugée insuffisante et les prix au détail ne sont pas respectés. Pistes de réformes : des prix différenciés selon les produits et affichés sur les emballages.

Après la farine nationale de blé tendre (FNBT) en 2008 et, dans une moindre mesure les hydrocarbures, le gouvernement tente encore de trouver une parade pour optimiser les fonds de compensation alloués au sucre. C’est que, aujourd’hui, l’Etat verse une subvention moyenne de 5 DH par kilo vendu pour pouvoir maintenir les prix à la consommation à des niveaux «abordables» soit 4,36 DH/kg pour le granulé et 5,31 DH pour le lingot et le morceau. A l’instar de ce qui a été fait pour les hydrocarbures, le ministère des affaires économiques et générales (MAEG), qui assure la tutelle de la Caisse de compensation, a décidé de réviser la structure des prix du sucre car c’est de là que réside, en grande partie, le dysfonctionnement.

Un arrêté qui date d’août 1996

En effet, l’arrêté n°2/21 du 30 août 1996 fixe la subvention à 2 000 DH sur chaque tonne de sucre raffiné vendue. Mais l’origine du mal est que ce même arrêté fixe uniquement les prix sortie usine et accorde une marge de 6% au profit des grossistes et des détaillants qui incorpore également les coûts de transport. Or, comme l’explique un industriel, «cette marge de 6% est dérisoire et ne permet pas de couvrir véritablement les coûts, surtout quand il s’agit de transporter le sucre dans des régions éloignées des sites de production». Deuxième problème : avec des cours mondiaux qui explosent depuis quelques années (malgré une accalmie sur les quatre derniers mois), les 2 000 DH la tonne ont été très vite dépassés et l’Etat a dû mettre la main à la poche pour permettre à la Cosumar d’assurer les mêmes prix sortie usine. C’est ce qui explique que la subvention est passée de 2 à 5 DH le kilo. L’insuffisance des marges, et c’est le dernier problème, fait que finalement sur le marché du détail, les prix que voulait garantir l’Etat ne sont pas toujours respectés. En résumé, voilà un dispositif qui coûte à l’Etat entre 5 et 6 milliards de DH par an et qui ne remplit pas sa fonction première.
C’est sur cette équation que planchent depuis plusieurs mois les équipes du ministère qui ont tenu plusieurs réunions de travail à ce sujet avec les principaux concernés, dont la Cosumar en premier lieu. Pour l’un d’entre eux, si une réforme doit être faite, elle passera nécessairement par la révision des prix. «Aujourd’hui, les prix du sucre au Maroc sont anormalement bas», explique notre source. Pour l’heure, le ministère ne souhaite pas se prononcer sur la question et se contente de signaler qu’«en concertation avec la Cosumar, il sera fixé des prix de péréquation, différenciés selon les produits mais unifiés à l’échelle nationale qui seront affichés sur les emballages». Aucune date n’est encore annoncée pour la mise en œuvre de la réforme. A moins que le gouvernement ne préfère laisser le dossier à son successeur.