Après le sac noir, une interdiction totale du sachet en plastique se prépare

Le ministère de l’industrie prépare un projet de loi à  ce sujet.
Ne pourront plus être utilisés que les sacs dégradables ou biodégradables.

Les protecteurs de l’environnement vont certainement se réjouir. Le ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies bûche actuellement sur un texte de loi qui interdirait la fabrication et l’utilisation de sacs en plastique ordinaires, soit les sacs non dégradables ou non biodégradables. Entre ces deux types de sacs, la différence est importante. Un sac biodégradable est issu de matières organiques et se décompose de manière naturelle grâce aux micro-organismes tels les bactéries, les champignons, les algues. Le sac dégradable, lui,  reste composé de polyéthylène, donc issu du pétrole, mais plutôt que de se dégrader en quatre siècles, il se décompose en quelques mois grâce à l’ajout d’un additif adéquat, tel le d2w. Au Maroc, ce type d’additif est aujourd’hui utilisé par de rares entreprises, qui l’intègrent dans la composition des sacs. Le plus gros de la consommation reste, pour le moment, le sac ordinaire avec 250 000 tonnes par an, soit 40 milliards de sacs environ.
Il faut rappeler que la fin du sac en plastique avait commencé le 4 septembre 2009 avec l’entrée en vigueur de la norme 11.4.050. Cette dernière prévoit que les sacs en plastique doivent «avoir une épaisseur supérieure à 35 microns, être exempts de la matière colorante noire et respecter l’épreuve de l’essai de choc au remplissage». De fait, quelques mois après l’entrée en application du texte, le sac noir semble bien avoir disparu des petits commerces, comme le remarquent les inspecteurs des directions régionales du ministère. «La norme est de plus en plus respectée» , signale Abdellah Nejjar, directeur de la normalisation et de la promotion qualité, au ministère du commerce et de l’industrie.

Reste à encourager les utilisateurs et les plasturgistes à changer leur mode de consommation et de fabrication. Plusieurs grandes et moyennes surfaces ont adopté les sacs dégradables. Dernièrement, Maroc Telecom a signé une convention avec une entreprise pour la fourniture de sacs oxo-biodégradables, dégradables par oxydation thermique, grâce aux rayons ultraviolets émis par le soleil.

Pour l’heure, les plasturgistes sont conscients de la problématique et sont les premiers à demander l’interdiction des sacs ordinaires. La plupart sont en train de se convertir au dégradable, notamment au d2w. Le handicap pour certains se situe dans l’absence de financement pour soutenir cette conversion.