Après la Sqala, Paradise, Dawliz…, la métropole veut récupérer quatre autres terrains

La décision de mettre fin à  l’exploitation de quatre nouveaux biens communaux est actée. Le loyer perçu sur ces terrains est dérisoire par rapport à  leur valeur réelle. L’un des terrains, loué à  250 DH par mois, abrite un club de pétanque où le débit d’alcool rapporte gros.

Le Conseil de la ville de Casablanca est bien décidé à remettre de l’ordre dans les contrats de location des biens communaux. Alors que la révision du contrat du complexe Lido, de la Sqala, des parkings et autres est toujours à l’étude par une commission dédiée, il s’est déjà trouvé de nouvelles cibles. Lors de la session ordinaire tenue le 27 mars dernier, le bureau exécutif du conseil a obtenu l’aval des élus pour la résiliation de quatre nouveaux contrats d’exploitation.

Le premier, et certainement le dossier le plus complexe, concerne un terrain sis au beau milieu du parc Palestine au quartier Belvédère. Ce terrain de 500 mètres carrés est exploité depuis 1993 par un café. Officiellement, le Conseil de la ville veut récupérer le terrain pour entamer le projet de réhabilitation de l’ensemble du parc. Néanmoins, il n’est pas exclu que là encore, des considérations purement économiques dictent cette résiliation. Selon les données disponibles auprès du Conseil de la ville, le terrain a été loué en 1996 à un prix de 5 000 DH par trimestre (soit 10 DH/m2/trim.), en plus d’une redevance forfaitaire de 70 000 DH relative à l’exploitation du lieu entre 1993 et 1996, période durant laquelle le contrat de bail n’était pas encore signé. Ce montant est bien entendu dérisoire par rapport à la valeur du m2 à l’achat dans le quartier et qui dépasse les 30 000 DH/m2. Au-delà de l’aspect économique, cette location est également sujette à un conflit judiciaire entre l’exploitant du café et les autorités de la ville. Et pour cause, l’autorisation octroyée en 1996 n’était valable que pour une durée de 5 ans. Or, près de 20 ans plus tard, le lieu est toujours exploité. Après plusieurs recours judiciaires, la Cour administrative de Casablanca a ordonné l’évacuation du bien communal et le règlement au profit de la Ville des redevances non payées pour les années d’exploitation. Le délai légal étant échu depuis août 2013, le Conseil de la ville s’apprête désormais à passer à l’acte en procédant lui-même à l’évacuation des lieux. Va-t-il y parvenir en recourant à la force ? On en saura plus durant les prochains jours.

Un manque à gagner considérable

En attendant, trois autres terrains devraient également faire objet d’évacuation. Il s’agit d’abord d’une pépinière sise sur la route d’El Jadida (Bd Moulay Abdellah Ibrahim). Le bien, d’une superficie de 4 471 m2, est exploité depuis décembre 1996 sur la base d’une autorisation provisoire donnant à la Ville le droit à un loyer de 12000 DH par an. Là encore, le prix de la location est loin des standards observés dans la zone. Il en est de même pour le terrain de 1 680 m2 sis dans le quartier Maârif et abritant un club sportif de boules (connu aussi pour ses débits de boissons). Ce local, qui s’avère être une véritable poule aux œufs d’or pour ses exploitants, est sujet à une autorisation d’exploitation dont les termes prévoient un loyer modique de 250 DH par mois. La dernière extension de cette autorisation provisoire date de juillet 2003 et le Conseil de la ville espère y mettre un terme. Le quatrième terrain ciblé par la Ville relève lui aussi de la commune de Maârif, précisément dans les alentours de la Jouteya de Derb Ghallef. Actuellement, ce terrain de 550 m2 est exploité pour le commerce de matériaux de construction et quincaillerie. La ville perçoit en échange de l’autorisation d’exploitation un loyer annuel de 7800 DH, sachant que le prix d’achat d’un terrain pareil est évalué à plus de 40 000 DH le m2 dans cette zone. C’est dire le manque à gagner subi sur ce bien ainsi que sur les trois autres objets aujourd’hui d’une décision d’évacuation par le Conseil de la ville.

Les terrains seront probablement cédés

On ignore encore ce que la ville fera de ces terrains lorsqu’ils seront récupérés. Néanmoins, plusieurs élus spéculent sur une éventuelle cession (à l’exception du parc Palestine) au prix du marché, ce qui devrait générer des recettes considérables pour la ville à un moment où plusieurs projets devront y être lancés… Enfin, si la récupération se passe comme prévu ! Car comme il est de coutume dans ce genre d’affaires, il n’est pas exclu que des lobbys s’activent pour stopper ces décisions.

«Je me rappelle des dossiers de la Sqala et du Paradise lorsqu’ils ont été évoqués fin 2010. A l’époque, des lobbys se sont mobilisés pour empêcher la révision de leur contrat, ce qui était l’une des raisons ayant causé le blocage pour plus d’une année de la session ordinaire de février 2011», confie un élu. Aujourd’hui encore, le sort des contrats de ces deux biens communaux, ainsi que ceux dont la révision du contrat était annoncée fin 2013, n’est toujours pas connu, les nouveaux cahiers des charges n’étant pas encore prêts.