«Nous ne réaliserons des logements sociaux en Afrique que si des gouvernements nous en commandent»

Pour son développement sur le continent, la CGI concentrera ses efforts sur le moyen standing, les pôles urbains et les résidences fermées qui correspondent au savoir-faire historique du groupe. Le récent emprunt obligataire de 1,5 milliard de DH servira pour moitié à  reprofiler la dette du groupe et couvrira le programme d’investissement de la maison mère et des filiales.

Dans quel contexte intervient le récent emprunt obligataire de 1,5 milliard de DH de la CGI ?

La CGI a été autorisée en 2010 par son assemblée générale à lever un financement de 3 milliards de DH. Nous avons levé la moitié de ce volume la même année pour financer notre cycle de projets. Aujourd’hui, nous arrivons à la fin de cette phase, avec un chiffre d’affaires qui devrait parvenir à fin 2014 à 4 milliards de DH, et nous en entamons une nouvelle déclinée par un business plan à l’horizon 2016. D’où la levée du reliquat de 1,5 milliard de DH. Sur ce total, ce ne sont à vrai dire que 750 MDH qui serviront au financement de projets en cours. L’autre moitié permettra un reprofilage de l’emprunt levé en 2010 pour le porter à 2019. Ce choix se justifie par la situation actuelle plus favorable du marché de la dette privée du fait d’une réduction des levées domestiques du Trésor.

Que comprend au juste le programme d’investissement à l’horizon 2016 ?

Il s’agit d’abord de finaliser des transactions sur du foncier déjà sécurisé qui servira de base aux projets programmés en 2014 et sur les deux années à venir, mais aussi de commencer à constituer une réserve pour l’après-2016. S’ajoute à cela des projets développés par la maison mère CGI, d’une part, et par ses filiales, d’autre part. Pour ce qui est des projets portés par CGI SA, le gros porte sur des programmes haut et moyen standing essentiellement entre Casablanca et Rabat. Pour Casablanca, la liste des projets comprend d’abord l’extension de Casa Green Town à Bouskoura avec le développement du cœur de ville de 200 000 m2 comprenant des commerces, des espaces d’animation, des places, des appartements en R+2 ainsi que des unités tertiaires. Les livraisons devraient débuter en 2016. Viennent ensuite nos deux projets au niveau de la future cité de Casa-Anfa : Anfa Aéro City et The Park Anfa Condominium. Le premier regroupe 155 unités résidentielles qui seront livrées au premier trimestre 2015 et dont plus de 90% ont déjà été commercialisés. Le développement du second programme sera lancé dans les prochains jours sur une première tranche commercialisée à 70%, sachant que tout le projet porte sur 372 appartements. Nous entamons enfin dans les prochaines semaines aussi à Casablanca un projet de lotissement à Dar Bouazza pour livraison l’année prochaine. Ce programme est réalisé sur du foncier racheté à la Sonadac, et ayant été assaini récemment.

Qu’en est-il des projets de CGI SA à Rabat ?

Ils consistent en notre programme Oris de 250 appartements de haut standing à Hay Riad, dont une première tranche d’une centaine d’unités a été commercialisée à plus de 70%, les travaux pour cette même tranche devant être bientôt lancés. Un deuxième projet sur Rabat situé près de la plage Val d’Or, consiste en un mix de lots de terrains pour villas et appartements moyen standing. La composante lotissement a déjà été entièrement commercialisée et livrée tandis que le développement d’une partie des 386 appartements du programme sera lancé dans les prochains jours. A Kénitra, CGI développe aussi les Allées du Parc portant sur 786 unités comprenant des appartements et lots de villas dont une première tranche de 87 lots a déjà été livrée. Il y a également un projet à Témara de 200 appartements. En plus de tout cela, la maison mère de la CGI réalisera à l’horizon 2016 des extensions de programmes existant sur du foncier sécurisé dans les villes d’Agadir, Marrakech et Oujda. Enfin CGI SA entamera bientôt des programmes en Afrique.

Où en est justement votre plan de développement en Afrique ?

Nous entamons la deuxième phase de la démarche consistant en l’étude de projets durant laquelle nous nous intéressons à la faisabilité et à l’intérêt en termes de rentabilité des potentiels programmes. Il devrait s’en suivre des lancements dès 2015 en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon et au Burkina Faso. La CGI concentrera ses efforts au niveau de ces marchés en priorité sur le moyen standing, les pôles urbains et les résidences fermées qui correspondent au savoir-faire historique du groupe. Dans un premier temps, nous ne nous intéresserons au segment du logement social que si des commandes spéciales émanant des gouvernements ou autres nous sont adressées, auquel cas nos filiales spécialisées prendront le relais.  

Que comprend le programme d’investissement des principales filiales de CGI d’ici 2016 ?

Al Manar, d’abord, qui est en charge de la marina de Casablanca arrive à maturité. La filiale va livrer les deux premières tranches résidentielles et bureaux du complexe entre le 4e trimestre 2014 et le premier semestre 2015. Cette offre a été commercialisée à 65% s’agissant des bureaux et à 72% pour ce qui est du résidentiel. Reste une troisième tranche de 150000m2 comprenant une tour de 150m et des lots résidentiels. Initialement, cette phase était destinée à être vendue en l’état à un promoteur mais nous étudions d’autres scénarios consistant à en confier le développement à Al Manar et/ou à des partenaires internationaux dont certains ont déjà manifesté leur intérêt. S’agissant ensuite de Dyar Al Mansour, spécialisée dans l’habitat économique et social, un ensemble de programmes sont prévus sur toutes les villes du Royaume pour porter la cadence de production de 2 500 unités par an à 4 000 unités à la fin de l’année en cours pour parvenir à un palier de 6 000 voire 7 000 logements à partir de 2015, lequel rythme devra être maintenu en fonction de la demande.

Au-delà de 2016, quels seront les principaux programmes qui seront réalisés par la CGI ?

Nous développerons d’abord un quartier à la ville nouvelle de Zenata proposant du logement moyen standing avec des prix de 13 000 DH/m2 maximum. Nous disposons également d’un foncier près de Guich Oudaya occupé pour l’heure par des bidonvillois mais qui est en phase d’être libéré. Nous y développerons le projet Dlim portant sur 700 appartements qui seront commercialisés entre 13 000 à 14 000 DH. Un autre grand projet consiste en le développement d’une vingtaine d’hectares au niveau de la troisième séquence de la vallée du Bouregreg. L’offre portera sur du moyen standing commercialisé à 12 000 DH/m2 maximum, les premières livraisons devraient intervenir en 2017 avec la pré-commercialisation d’une première tranche dès 2015.