AMO : l’extension aux soins ambulatoires n’a pas fait déraper le système

Le volume des remboursements de la CNSS n’a pas particulièrement augmenté en 2010. 146 MDH dépensés par la caisse pour les soins ambulatoires sur un total de 760 MDH.

Plus de peur que de mal. L’extension de l’AMO aux soins ambulatoires, effective depuis février 2010, n’a pas fait déraper le système. Du moins, pas pour l’instant. C’est en tout cas l’une des principales conclusions qu’on peut tirer à la lecture des indicateurs de l’AMO établis par la CNSS. Ainsi, le montant global des prestations remboursées au titre de l’année 2010 s’est élevé à 737 millions de DH contre 721 MDH à fin 2009. Pour les seuls soins ambulatoires, les remboursements ont atteint en 2010 près de 143 MDH. On notera, cependant, que l’extension à l’ambulatoire s’est traduite par une augmentation substantielle des dossiers remboursés qui sont au nombre de 760 000 à fin 2010 contre 459 100 en 2009. Les soins ambulatoires ont fait l’objet de 463 600 dossiers, soit 61% de l’ensemble des dossiers toutes catégories de prestations confondues. De même, le nombre de bénéficiaires est passé subitement de 150 400 en 2009 à 333 000 à fin 2010, soit plus que le double alors qu’entre 2006 et 2009, période durant laquelle l’ambulatoire n’était pas couvert, il grimpait bon an mal an de 30 000 environ par an. C’est manifestement le rythme d’augmentation des dossiers qui suscite le plus de craintes du côté de la CNSS. Et si cette dernière a pu, malgré tout, maîtriser la dépense, c’est parce que les dossiers des soins ambulatoires sont nettement moins coûteux. En effet, selon les statistiques de la CNSS, un dossier remboursé dans l’ambulatoire représente en moyenne 308 DH alors que le dossier moyen se situait à 1 500 DH environ en 2009. Il est passé en 2010 à 970 DH seulement, justement sous l’effet de l’ambulatoire. Les dossiers des maladies lourdes appelées aussi affections de longue durée (ALD) sont dans une situation inverse. Avec seulement une population de 20 700 bénéficiaires en 2010, les ALD ont représenté quelque 191 MDH de dépenses, soit 26% des remboursements totaux. Le plus gros des remboursements, soit 392 MDH, est allé dans les frais d’hospitalisation.
Mais parallèlement à la maîtrise des dépenses qui a permis à la caisse de digérer l’extension à l’ambulatoire, la qualité des prestations s’en est légèrement ressentie, notamment le délai moyen des remboursements. En effet, à peine 30% des dossiers sont remboursés en moins d’un mois contre 48% en 2009 et 63% en 2008. Idem pour le taux de remboursement global qui est passé de 73% en 2009 à 66% en 2010.