Amo : la CNSS prend en charge le paiement total de 28 médicaments

Le dispositif concerne exclusivement les patients atteints de maladies chroniques et graves.
Une convention sera signée entre la CNSS et l’ordre des pharmaciens. Ces derniers délivreront les médicaments aux assurés et se feront payer par la CNSS.

La Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (Cnop) signeront dans les prochaines semaines une convention pour l’instauration du système du tiers payant pour les frais de médicaments. La convention concerne exclusivement les patients atteints de maladies chroniques et graves. Demandé avec insistance par un collectif de  trois associations, en l’occurrence «SOS Hépatites», «Reins», pour la lutte contre les maladies rénales, et l’Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde, le système permettra aux malades couverts par l’Assurance maladie obligatoire (Amo) de prendre leur traitement mensuel sans rien débourser.

Les pharmaciens demandent des garanties
Cette prise en charge concerne, pour l’instant, une liste de 28 médicaments. Il importe de souligner que globalement les prix des médicaments sélectionnés par la CNSS sont dans une fourchette de 1 000 à 13 000 DH. C’est dire l’importance de l’institution du tiers payant qui présente deux avantages pour le patient. Il épargnera, en effet, aux malades résidant dans les régions du Nord, du Sud ou de l’Oriental un déplacement jusqu’à Casablanca ou Rabat pour acquérir leurs traitements mensuels auprès des pharmacies des mutuelles. Il évitera également à ceux n’ayant pas les moyens de s’endetter ou de remettre des chèques de garantie aux laboratoires en attendant le remboursement des assurances.  Le Collectif associatif salue la mise en place du tiers payant, mais son président, le Dr Driss Jamil, estime que «la liste des 28 médicaments est très limitée et ne compte pas tous les produits nécessaires au traitement des 41 pathologies de longue durée constituant le panier de soins de l’Amo. Pire encore, figurent sur cette liste des produits que l’on n’utilise plus dans les protocoles de soins parce qu’il y a de nouvelles molécules». Par ailleurs, le collectif suggère qu’il y ait une large concertation avec toutes les parties concernées alors que l’élaboration de cette convention était uniquement à l’initiative de la CNSS. Le Cnop estime également qu’il faut une large concertation afin, précise son président Iliass Kabbaj, de répondre aux préoccupations de toutes les parties. En outre, M. Kabbaj tient à préciser que la convention n’est pas finalisée et que les discussions en cours portent sur la mise en place de garanties pour les pharmaciens.
Le Cnop propose, en effet, de ramener le délai de remboursement de 60 à 21 jours car les pharmaciens n’ont pas la trésorerie nécessaire pour faire face à leurs charges, et demande que les remboursements soient assurés par l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) alors qu’il est prévu dans le projet de confier le paiement des factures à la CNSS.