Amina Benkhadra rassure : faible risque de délestage en 2008

Les capacités disponibles actuellement sont suffisantes pour couvrir la demande en 2008.
Généralisation des lampes basse consommation, GMT+1 et tarifs optionnels figurent parmi les mesures destinées à  économiser l’énergie.

La ministre de l’énergie et des mines, Amina Benkhadra, se veut rassurante, et elle est dans son rôle : l’électricité ne devrait pas manquer cet été, période de grande consommation. Le spectre des délestages paraà®t donc «peu probable», dit Mme Benkhadra, à  moins d’un incident technique de plusieurs unités de production, une éventualité tout aussi peu probable, cependant.

Elle dévoile dans l’entretien qui suit les moyens mis en Å“uvre et les décisions prises pour agir à  la fois sur l’offre et la demande d’électricité, dont, entre autres, la mise en place de GMT + 1, comme nous l’annoncions la semaine dernière. Toutefois, sur le projet de centrale à  Safi, sa réponse paraà®t pour le moins prudente : elle confirme que la centrale aura bien lieu à  Safi, mais laisse entendre que le choix du site n’est pas encore définitivement arrêté. Les partisans d’un déplacement du projet vers un autre site – mais toujours à  Safi – ont-ils eu gain de cause ?

La Vie éco : Quel est l’état de l’offre de l’électricité à  la veille de la période estivale, période pendant laquelle la consommation augmente considérablement ?

Amina Benkhadra : Le ministère de l’énergie et des mines ainsi que les services de l’ONE veillent à  ce que la demande d’électricité soit satisfaite à  tout moment et à  une qualité acceptable par les usagers. De ce fait, l’offre d’électricité est suivie de près quotidiennement en mobilisant à  temps les moyens nécessaires pour assurer l’équilibre entre l’offre et de la demande. Les capacités disponibles actuellement sont suffisantes pour couvrir la demande en 2008.

Y a-t-il un dispositif particulier à  mettre en place pour faire face à  un risque de délestage ?

S’agissant de la demande, plusieurs actions sont programmées pour les prochains mois dans la perspective d’une utilisation plus rationnelle de l’énergie électrique : lancement du programme de généralisation des LBC (lampe basse consommation, NDLR), instauration, éventuellement, du GMT+1, mise en place d’une tarification incitative permettant l’écrêtement de la courbe de charge pendant les heures de pointe, la mise en place d’un tarif optionnel super pointe pour les industriels connectés en THT-HT, la tarification bi-horaire pour les ménages, la rationalisation de l’éclairage public, le programme national d’efficacité énergétique dans les secteurs du bâtiment, transport, tourisme, enseignement et l’industrie.
Ceci sera accompagné de dispositions réglementaires spécifiques et de généralisation des audits énergétiques.

Y aura-t-il alors, le cas échéant, des coupures «sélectives» ou programmées ?

Le déséquilibre entre l’offre et la demande survient lorsque la demande en électricité est supérieure à  la production ou à  la capacité d’acheminement. L’électricité ne se stockant pas, les capacités de production, de transport ainsi que la charge des infrastructures électriques doivent donc être scrutées et réparties en permanence. Lorsqu’un risque de déséquilibre apparaà®t (baisse de tension ou de fréquence), il est alors impératif de réduire rapidement la demande ou d’augmenter la production. On mobilise les capacités de production les plus rapidement disponibles : ouvrages hydroélectriques, centrales à  gaz ou à  fuel, ou on demande alors aux consommateurs de baisser leur consommation (réduction ou arrêt de certaines installations). Mais avec la capacité de production actuelle et la disponibilité de l’interconnexion avec l’Espagne qui dépasse les 600 MW, cette situation de délestage reste peu probable sauf dans le cas d’indisponibilité de plusieurs unités de production en même temps.

Pourquoi la construction de centrales électriques, qui sont absolument indispensables, tarde-t-elle à  se concrétiser ?

La planification des moyens de production d’électricité est un exercice qui porte sur une période dépassant généralement les dix ans. Certains éléments non prévus initialement peuvent surgir à  la dernière minute empêchant de lancer les projets aux échéances fixées.

Un comité interministériel composé des différents départements concernés est mis en place pour examiner et identifier les obstacles qui entraveraient la réalisation ou le lancement des différents projets inscrits dans le plan d’équipement en moyens de production d’électricité et ce, afin d’assurer leurs réalisations dans les meilleures conditions.

A ce propos, le projet de centrale à  Safi, qui paraà®t traà®ner en longueur, aura-t-il bien lieu et sur le site déjà  sélectionné ?

Pour la concrétisation de ce projet d’une centrale à  charbon, l’évaluation du site qui devrait l’abriter est en cours et sera finalisée dans un cours délai. La première unité de cette centrale sera opérationnelle au courant de l’année 2012. Ce projet est également suivi par le comité interministériel évoqué ci-dessus.