Altadis se lance dans la grande distribution B to B

D’ici 2008, ses 27 centres de distribution seront transformés en magasins cash & carry.
Montant de l’investissement : près de 140 millions de DH.

Anticipant sur la libéralisation du marché du tabac, Altadis, ex-Régie des tabacs, met les bouchées doubles pour améliorer la qualité de son service et surtout, à  l’instar de sa maison-mère en Espagne, être moins dépendante de son activité principale d’aujourd’hui, qui est la fabrication et la distribution de tabac. Pour ce faire, le cigarettier mettra à  profit son réseau de distribution. Une nouvelle organisation des circuits de ce dernier verra le jour prochainement. Elle se traduira par la création de magasins «cash & carry», sortes de grandes surfaces o๠débitants de tabac et commerçants viendront s’approvisionner, un modèle déjà  expérimenté par Metro lors de son arrivée au Maroc dans les années 1990.

En fait, il n’y a pas de révolution. Altadis ne fera que dupliquer un schéma déjà  appliqué en Europe oà¹, en plus de son activité de cigarettier, le groupe est, selon son management, le numéro 1 de la distribution de proximité dans le sud du continent. En effet, contrairement aux autres sociétés de tabac, près de 50 % du chiffre d’affaires d’Altadis est réalisé dans des activités hors-tabac. Un modèle qu’il souhaite appliquer au Maroc en créant un réseau «mais sans aller jusqu’à  calquer l’organisation sur le modèle européen en raison des spécificités du marché local», précise Alexandre de Suzzoni, membre du directoire et directeur du pôle distribution. Ainsi, progressivement, les 27 centres de distribution d’Altadis seront transformés en «cash & carry», dont la superficie variera entre 1 000 et 19 000 m2. L’objectif est d’améliorer la qualité de service. «Le modèle de distribution actuel a montré ses limites. Aujourd’hui, le processus, au lieu de tenir compte de la nécessité de satisfaire la clientèle, est tourné principalement vers la sécurisation des transactions», ajoute Alexandre de Suzzoni, qui indique que le premier magasin ouvrira ses portes en 2007 à  Settat. Les chantiers des autres centres devront aboutir en totalité à  fin 2008.

Les enseignes de la grande distribution devront composer avec cet outsider
Le groupe ne lésine pas sur les moyens. Il injectera quelque 140 MDH pour la modernisation de ses circuits de distribution. Mais ce n’est pas pour autant que le circuit classique sera définitivement abandonné. Sur les 23 000 points de vente que compte son réseau, Altadis continuera à  livrer directement

11 000 débitants en zone rurale en plus de 7 000 en villes. Les autres, 5 000 au total, devront s’adresser aux nouvelles structures qui se substitueront aux centres de distribution.
Que va-t-on vendre dans ces espaces ? Du tabac, bien sûr, mais aussi du papier cigarettes, du maâssal (tabac parfumé) et du charbon pour les pipes à  eaux (chichas), des briquets, des allumettes et «bien d’autres choses». En plus des cartes Jawal et des timbres postaux, déjà  distribués par le réseau d’Altadis, ce dernier compte bien passer à  la vitesse supérieure en élargissant la gamme à  des produits agro-alimentaires «à  l’exception du frais et des produits lourds», précise Alexandre de Suzzoni. Ainsi, commerçants et débitants trouveront sur les rayons, entre autres, des produits d’hygiène, des piles, mais aussi des biscuits, des chips, de la confiserie… Dans tous les cas, les enseignes de la grande distribution devront composer avec cet outsider qui promet de jouer les trouble-fêtes dans un segment en pleine effervescence.