à„lmhult, le centre névralgique d’Ikea

Tous les produits sont conçus et testés à  à„lmhult où est également réalisé le catalogue. Environ 2000 collaborateurs et leurs familles vivent dans cette ville du sud de la Suède.

Bienvenue à Älmhult, la maison et le cœur d’Ikea. Cette chaleureuse petite bourgade de 16000 habitants située en bordure d’une forêt, n’est pas une ville suédoise comme une autre. Quelques minutes de marche sont suffisantes pour se rendre compte qu’elle vit au rythme du leader mondial du mobilier en kit dont le logo jaune et bleu trône dans tous les coins de rue. 

A Älmhult, pas moins de douze sociétés du groupe Ikea, constituant l’ensemble de sa chaîne de valeur, sont installées et emploient 4 000 collaborateurs de 50 nationalités différentes affectés au marketing, à la conception des meubles, au design, mais aussi aux surfaces commerciales. Dans cette ville située dans le sud de la Suède, quelques mètres seulement séparent Ikea of Sweden qui conçoit les produits, Ikea Industry qui produit des éléments de cuisine et Ikea Communication où sont réalisées, sur 8 800 m2, les photos qui donnent naissance au catalogue le plus distribué au monde (217 millions en 2015). A Älmhult, il est aussi possible de vivre de A à Z à la mode Ikea : manger et dormir à l’hôtel-restaurant Ikea (150 chambres), faire le change à Ikano Bank (banque pour particuliers et entreprises) et pour les accros du shopping, un véritable magasin de 25000 m2 a ouvert en périphérie de la ville en 2012, en remplacement du magasin historique du centre-ville. Finalement, la seule chose, et pas des moindres, qui manque à Älmhult, c’est le siège social de l’entreprise. Pour le trouver, il faudra se rendre aux Pays-Bas. Néanmoins, les amateurs de musées eux peuvent visiter le centre culturel dédié à l’histoire du groupe. Il suffit d’ailleurs de franchir la porte de ce petit musée pour comprendre pourquoi ce mastodonte des meubles en kit est resté attaché à sa ville d’origine. «L’acronyme Ikea correspond aux initiales de son fondateur Ingvar Kamprad, qui a déposé le nom de la société en 1943 à l’âge de 17 ans et de Emtaryd et Agunaryd, le nom de la ferme et du village où il a grandi», rappelle la responsable du musée. Bref, ce musée et la ville retracent l’histoire du groupe et de son fondateur.

Toutes les équipes sont associées à la conception

Älmhult se veut également l’incarnation du «concept Ikea» pour ses collaborateurs dont 2 000 vivent sur place. Dans cette multinationale, la recherche de la qualité à bas coûts est une obsession et la recherche de l’amélioration permanente une vocation. Ce faisant, la concentration des activités est un gage d’efficience. La preuve, quand les designers conçoivent un nouveau produit, ils travaillent directement avec les équipes de développeurs, les ingénieurs et techniciens d’emballage ainsi que ceux de l’atelier de production de prototypes présents sur place. Car il est important de savoir que si Ikea vend et produit dans le monde entier, le centre du design démocratique est bien à Älmhult. «Le design, la fonctionnalité, la qualité, la durabilité et le prix accessible» sont les cinq principales règles qui régissent le processus de conception. Une fois le produit est conçu, un prototype est donc envoyé au Labo Test. La mise du produit sur le marché est tributaire des résultats obtenus dans ce département. 

Des batteries de tests pour s’assurer de la qualité des produits

Au Labo Test d’Ikea, ça cogne, ça presse, ça tire, ça mouline. Au supplice des robots testeurs on aperçoit des chaises mais aussi les futurs lits et matelas de la marque. Pour s’assurer de leur résistance, mousses et sommiers sont compressés 50 000 fois (alors que les normes européennes en la matière n’exigent que 30 000 fois) par un rouleau en bois de 140 kg. Un poids d’une trentaine de kilos lâché au milieu du lit simule même les sauts énergiques d’un enfant. «Ce processus est capital dans le lancement de la production d’un nouveau produit ou l’amélioration d’un ancien produit», explique le directeur adjoint du laboratoire de test d’Ikea. Dans la pièce d’à côté, un automate tire et retire le tiroir de cuisine. L’objectif est de réaliser 200 000 tests pour vérifier la résistance du produit. Dans une autre pièce isolée, on remarque une importante source de lumière et de chaleur. Il s’agit de la salle de test des ampoules. Ils sont plus de 1700 ampoules allumées en même temps pour mesurer leur puissance et leur longévité. «Elles sont allumées pendant 2h45 puis éteintes 15 minutes. Il faut plus de 3 ans pour tester les ampoules LED», ajoute le directeur adjoint. A l’étage du même bâtiment, dans un long couloir, les laboratoires de tests se succèdent avec chacun leur spécificité, du test de corrosion et de résistance des surfaces de cuisine à la vapeur d’eau, au gras, aux liquides, à la chaleur, en passant par le test de résistance des textiles au lavage en machine ou au feu et le test automatisé de la hauteur des flammes de bougies. Suite aux résultats obtenus par le Labo Test, les équipes d’Ikea décident ainsi de valider le produit et de lancer la production ou de demander son amélioration. Le produit est de nouveau mis à l’épreuve. «S’il échoue, il est abandonné définitivement», conclut le directeur-adjoint. Comme quoi la qualité et la sécurité n’ont pas de prix chez le géant suédois du mobilier en kit.