Alliances touche le fond en 2015

Le chiffre d’affaires descend en dessous du milliard de DH, trois fois moins qu’en 2014 qui était déjà une mauvaise année. Le management concentre ses efforts sur le plan de restructuration qui commence à produire des effets positifs : déconsolidation du pôle construction, réduction des charges de structure de 50%…

Alliances met fin au suspens sur ses résultats 2015 et sur la mise en œuvre de son plan de restructuration. Près d’un mois et demi après la date limite réglementaire des communications financières annuelles, le promoteur immobilier coté en bourse s’est livré à la presse, rencontrée en one to one, dans la foulée de la tenue de son conseil d’administration, lundi 9 mai. Sans surprise, le groupe touche le fond en 2015. Le chiffre d’affaires descend en dessous du milliard de DH, soit trois fois moins que l’année d’avant qui était déjà difficile. Cette dégringolade de l’activité est doublée d’un déficit net pour le groupe de 1,8 milliard de DH après la perte de près d’un milliard de DH essuyée en 2014. Mais le management d’Alliances ne s’appesantit pas sur ces mauvaises réalisations et il met surtout en avant les avancées réalisées sur son plan de restructuration.

Si sur toute l’année 2015 le promoteur a donné l’impression de fignoler sans fin ce plan, celui-ci a, à vrai dire, été mis en application depuis quelques mois déjà avec plusieurs impacts positifs concrets. Un premier axe du plan porte sur le recentrage sur l’activité de promotion immobilière en se désengageant de la construction qui a été pour beaucoup dans les déboires du groupe ces dernières années. «Si l’on exerce dans ce domaine, il faut disposer d’entités solidement outillées pour bien mener l’activité, ce qui n’était pas le cas du pôle construction», reconnaît sans détour Ahmed Ammor, directeur général d’Alliances. Depuis mars dernier déjà, le groupe a mis en liquidation judiciaire ses trois filiales dans la construction, EMT, EMT Bâtiment et EMT Route. Dès l’année en cours, Alliances ne consolidera plus ces entreprises qui ont totalisé une perte de 568 MDH en 2015 après 992 MDH l’année d’avant. Notons toutefois que le groupe garde dans son giron deux entités du pôle construction : EMT Levage, spécialiste de la location de matériel de BTP et Almes, holding qui coiffait les sociétés EMT. «Nous réfléchissons toujours au devenir de ces filiales», fait savoir M. Ammor, sachant que l’enjeu est minime puisqu’il s’agit de petites entités qui n’exercent pas d’activité rattachée à la problématique construction, selon le management.

Rentrées d’argent frais

Outre résorber le gouffre du pôle construction, l’autre grand enjeu pour Alliances est de se désendetter sous peine de continuer de voir l’essentiel de ses revenus aller au remboursement des dettes bancaire et privée. Le groupe est parvenu à un accord avec toutes les banques de la place prévoyant une réduction de sa dette en échange de la cession de biens. Grâce à cela la dette bancaire du groupe, qui atteignait 3,9 milliards de DH fin 2014, devrait être ramenée à 1,9 milliard en 2016. En se livrant au même exercice avec les détenteurs de la dette privée, celle-ci devrait être réduite de 4,5 milliards de DH fin 2014 à 2,7 milliards à la fin de l’année. En tout, la dette devrait ainsi baisser de 8,4 à 4,6 milliadrs de DH. Et ce n’est pas tout, Alliances a aussi cédé des biens en contrepartie de liquidités (new money). Grâce à ce montage, le groupe a cédé des biens aux banques et aux détenteurs de dette privée des biens pour une valeur totale de 630 MDH. Une autre source d’argent frais consistera en l’augmentation du capital, prévue par le plan de restructuration. Même si le montant global n’en a pas encore été déterminé, il est prévu que 300MDH soient apportés par l’actionnaire de référence, Mohamed Alami Lazraq, ce qui a déjà été accompli, selon le management.

Instauration d’une meilleure gouvernance

Avec toutes les cessions accomplies au profit des prêteurs, des questions se posent immanquablement sur la qualité du portefeuille de projets restant au promoteur. Le management se montre rassurant sur la question. Les projets qui doivent encore être réalisés et commercialisés sur les années à venir englobent 16 600 unités dans le pôle social et intermédiaire d’une valeur de 5,9 milliards de DH et 928 unités dans le haut standing pour 3,5 milliards de DH. Ceci sans compter les programmes commandés en Afrique. De quoi soutenir le chiffre d’affaires sur les années à venir qui devrait remonter à 3,9 milliards de DH cette année, 4 milliards DH en 2017 et 4,5 milliards de DH l’année suivante. Dans ce sillage l’endettement du groupe devrait descendre à 3,2 milliards de DH l’année prochaine et à 2,7 milliards de DH en 2018. Dans l’immédiat, le management promet un retour à l’équilibre du résultat net dès l’année en cours, surtout qu’en plus de toutes les actions menées, le groupe est à pied d’œuvre pour réduire ses frais de structure. Ils devraient ainsi baisser de 50% en 2016 par rapport à 2014 du fait de la réduction des effectifs et de la mutualisation des fonctions support (direction financière, ressources humaines…). Cette dernière initiative s’insère d’ailleurs dans un plan pour instaurer une meilleure gouvernance, ce qui s’est traduit par la séparation des fonctions de président et de DG, la mise en place d’administrateurs indépendants…