Alerte ! le poulpe se fait de plus en plus rare

La pêche côtière n’a consommé que 25 % de son quota, la hauturière 54 %.
Les professionnels craignent une réédition de la crise de 2003.

Le poulpe se fait de plus en plus rare. La campagne de pêche qui s’est terminée le 30 septembre dernier fait craindre aux professionnels le pire. Sur tous les segments, le rendement de la campagne a été en deçà  des attentes. D’après les chiffres fournis par l’Office national des pêches, les débarquements effectués au niveau des halles au poisson des provinces du sud sont ridiculement bas. Ainsi, à  Dakhla, ce sont 1 941 tonnes de poulpe (63% du quota), d’une valeur de 104,5 MDH, qui ont été débarquées au niveau des villages de pêche de Lassarga, Labouirda et Ntireft. Pour Laâyoune, 772 tonnes ont été réceptionnées (26% du quota) à  Laâyoune port et Tarfaya. Seule Boujdour tire son épingle du jeu puisqu’elle a atteint 100% de son quota de 500 tonnes. Les débarquements dans les trois villages de pêcheurs de cette province ont été d’ailleurs arrêtés avant terme, le 18 septembre.

S’agissant des différents segments de ces pêcheries céphalopodières, le résultat est tout aussi faible. En effet, aucun des trois segments n’a réussi à  épuiser son quota. Si les barques artisanales ont réussi un taux de 80%, ce dernier baisse à  25% pour les bateaux de pêche côtière tandis que les navires hauturiers n’ont réalisé que près de 54% de leur quota réparti.

La situation n’est pas près de se normaliser
A signaler qu’à  l’origine ce quota était de l’ordre de 10 000 tonnes réparties entre les pêcheries hauturière, côtière et artisanale, respectivement à  hauteur de 63%, 11% et 26%. Fin août, une décision du ministre des pêches maritimes a augmenté ce quota de 23%, pour le ramener à  12 300 tonnes, une décision motivée, entre autres, par les doléances des professionnels, notamment les armateurs hauturiers, ayant par ailleurs épuisé leur quota individuel, qui ont demandé une rallonge de poulpe autorisé.

La décision du ministre ne leur aura pas été d’un grand secours : le poulpe est tout simplement rare. A cette médiocre capture, les professionnels ont de nombreuses explications, ayant notamment trait à  la faiblesse de la ressource halieutique au large des côtes marocaines. Les résultats de cette campagne de pêche ramènent les professionnels du poulpe à  l’année 2003, qui avait connu une chute vertigineuse des captures de poulpe, ce qui avait poussé cette année-là  les autorités de tutelle à  mettre en place un système de repos biologique des plus sévères (neuf mois) ainsi qu’à  élaborer un plan d’aménagement de cette ressource maritime. A voir de près ce qui se passe à  Boujdour, faut-il en déduire que le poulpe se déplace vers le sud ? Auquel cas, adieu «or blanc» ! Qu’en dit l’Institut national des ressources halieutiques ?