«Le MBA de Sherbrooke forme des leaders capables d’être visionnaires»

L’Université de Sherbrooke a décidé de relancer sa formation au Maroc. Des dirigeants de grandes entreprises y participent en tant qu’intervenants.

L’Université de Sherbrooke a accompagné plusieurs hauts cadres marocains. Quel genre de formations leur dispense-t-elle ?

L’Université de Sherbrooke a un rayonnement international. Toutes les connaissances possibles y sont enseignées. On est déjà installé dans différents territoires, mais nous avons toujours eu un lien fort avec le Maroc. Un pays qui se transforme et recherche les meilleurs pour se développer plus en profondeur. Dans ce sens, un nombre important de jeunes Marocains et Marocaines ont été formés dans cette université. Parmi eux, beaucoup de dirigeants et de ministres.

Le Centre Laurent Beaudoin (CLB) qui fait partie de l’université propose une formation MBA Exécutif au Maroc destinée aux cadres en exercice. On offre aussi un MBA deuxième cycle pour les personnes qui ont déjà une formation en gestion ou un MBA datant de quelques années et qui souhaitent faire une mise à jour des connaissances en fonction de la réalité d’aujourd’hui.

Quelle est l’utilité d’un MBA pour des cadres ?

Grâce à notre formation, les cadres supérieurs peuvent acquérir des connaissances plus générales, prouver la portabilité de leurs expériences, développer l’entrepreneuriat, obtenir une promotion ou même changer de carrière. L’objectif du MBA est de former des gestionnaires capables d’analyser différents types de problématiques et d’y apporter des solutions pertinentes et novatrices. L’idée est de former des leaders capables de se connaître, de se positionner, d’interagir et de donner un sens à leurs décisions. Il est aussi question de former des leaders capables d’être visionnaires et de donner un sens à l’organisation dans l’avenir.

Le MBA Exécutif est un modèle qui tient compte de la mouvance et de la théorie du changement. Il faut avoir aujourd’hui à la tête des organisations des personnes d’une extrême sensibilité à leur environnement, capables et outillées pour l’analyser et appliquer les changements rapidement, parce que les modifications organisationnelles sont aujourd’hui capitales.

Il existe déjà un MBA initié par une autre école au Maroc et vous avez déjà été présents à Casablanca. Quelle est la nouveauté aujourd’hui?

En effet, l’ISCAE propose un MBA au Maroc en partenariat avec une école française. Mais le seul MBA nord-américain qui existe au Royaume est celui de Sherbrooke. Il était déjà proposé auparavant à une école supérieure de la place.

Mais pour plusieurs raisons, l’Université de Sherbrooke a changé de partenaire. Aujourd’hui associée à MATCI (Management And Technological Canadian Institute), l’Université de Sherbrooke a décidé de relancer sa formation au Maroc.

C’est une reprise avec une formation révisée en 2007 mais continuellement mise à jour. Tous les cours seront donnés exclusivement par les enseignants de l’Université de Sherbrooke. Et ce, en réponse à un besoin des cadres qui veulent un MBA francophone avec une philosophie de gestion nord-américaine pour avoir accès à un modèle différent.

Notre volonté n’est pas seulement de transmettre des connaissances théoriques et académiques, mais surtout des compétences à appliquer au quotidien. Aussi, on veut être très près de nos étudiants. Dans ce sens, en plus de dispenser un cours, nos professeurs qui sont pour la plupart d’éminents dirigeants font office de coachs, mentors et restent en lien avec leurs étudiants.
 
Comment avez-vous procédé pour réviser votre formation ?

Nous avons procédé dernièrement, pour tous les programmes de l’Université de Sherbrooke mais surtout pour le MBA Exécutif, à l’analyse et à l’étalonnage concurrentiel des meilleurs programmes au monde. Nous avons rencontré une multitude de chefs d’entreprises pour connaître les besoins en cadres d’aujourd’hui et de demain. Nous nous sommes associés à une des plus grandes firmes de chasseurs de têtes au Canada, la société Pierre Boucher, pour déterminer quelles compétences développer et connaître ce que nos dirigeants devront posséder. Nous avons ainsi bâti nos programmes et notre modèle pédagogique en fonction de ce besoin, pour répondre non pas à un besoin universitaire, mais un besoin organisationnel existant sur le marché.

Toute la formation est axée sur la pratique et des corps réels d’organisation. On a fait toute cette démarche-là pour s’assurer qu’ici ou ailleurs dans le monde, on soit capable de donner une formation de pointe en termes de connaissances mais aussi en termes de philosophie de gestion.

Autre point important, le Comité d’orientation du CLB est composé en grande majorité de dirigeants de grandes entreprises qui participent tous en tant qu’intervenants dans la formation MBA. Je cite Laurent Beaudoin, qui était tout récemment président du conseil d’administration de Bombardier, ou encore Manon Hamel, vice-présidente de la Caisse de dépôt et placement et Michel Robidoux, président canadien de Novartis–Sandoz, entre autres.
 
Quel est le prix et quelles sont les conditions pour accéder au MBA ?

Le MBA de l’Université de Sherbrooke est destiné aux personnes qui ont un Bac+5 et un minimum de cinq années d’expérience pertinente acquise à titre de cadre et gestionnaire. Il s’agit de candidats qui ont habituellement une moyenne d’âge de 37 ans. On est actuellement en phase de sélection des candidats, on espère démarrer vers la mi-décembre ou début 2016. En matière de prix, les frais s’élèvent à 190000 DH, l’équivalent de 23 000 dollars. Cette somme s’explique par le fait que c’est l’université qui vient vers les cadres qu’elle forme et qui sont tenus de rester au sein de leurs entreprises. Ce sont les professeurs qui viennent toutes les deux semaines, vendredi soir, samedi et dimanche matin, deux week-ends par mois. Par contre, si on procède à l’inverse, c’est-à-dire que c’est l’étudiant qui se déplace à Sherbrooke, le montant s’élève à 49 500 dollars. Le MBA Exécutif est un programme qui dure entre 12 et 16 mois dépendamment du modèle que nous avons.

Par ailleurs, après Casablanca, ce n’est pas exclu qu’on organise notre programme dans d’autres villes en fonction du succès de la formation.