«Le Maroc a montré sa volonté d’être à  la fois consommateur et fournisseur de technologie»

Le géant mondial a présenté plusieurs nouveautés à  l’occasion de l’Intel Developer Forum qui s’est tenu du 18 au 20 août à  San-Francisco.

A l’occasion de l’Intel Developer Forum (IDF), qui s’est tenu du 18 au 20 août à San Francisco, le PDG d’Intel, Brian Krzanich, a présenté les nouveautés apportées à la technologie Intel RealSense, lancée l’année dernière. En quoi consistent ces nouveautés ?

En matière d’ultramobilité, l’ensemble des professionnels se concentre aujourd’hui sur l’amélioration de l’expérience utilisateur, qu’elle soit personnelle ou professionnelle, plutôt que sur la performance. L’utilisateur de technologie tend désormais vers une expérience de plus en plus personnalisée et intuitive. La technologie RealSense consiste donc en un jeu de 3 caméras intégrées sur les différents devices (de l’ordinateur de bureau au smartphone, en passant par les tablettes 2 en 1). Une caméra conventionnelle, une caméra infrarouge et un projecteur laser infrarouge permettent ainsi d’estimer la profondeur de champ, facilitant alors la reconnaissance faciale ou la détection de tous les gestes. Avec Windows 10, par exemple, il est possible de s’identifier sans taper son mot de passe mais en utilisant la reconnaissance faciale. 

Dans quelle mesure le Maroc profitera de ces nouvelles possibilités de développement ? 

Intel RealSense est une technologie horizontale qui concerne aussi bien le grand public que le monde professionnel, d’autant qu’il ne nécessite pas un niveau élevé d’adaptation. Selon les feuilles de route des constructeurs, une offre hardware sera disponible sur le marché d’ici la fin de l’année. Une grande majorité de produits équipés de la 6e génération de processeurs Intel (Skylake) devrait être dotée de RealSense. Des campagnes seront alors lancées, en partenariat avec les fabricants de PC, smartphones et tablettes 2 en 1, pour présenter la technologie au grand public. En ce qui concerne les utilisateurs professionnels, nous avons déjà commencé à démontrer cette technologie qui peut alléger bon nombre de points noirs rencontrés par les DSI. Plus l’écosystème applicatif va se développer, plus les milieux professionnels s’intéresseront à RealSense. Côté développeurs, maintenant que nous avons mis la technologie sur le marché, nous espérons que la communauté se l’appropriera rapidement.  

D’autres nouveautés, liées cette fois à l’Internet des objets (IdO), ont également été présentées lors de l’IDF. Quel est, jusque-là, l’accueil réservé à l’IdO au Maroc ?

Le futur de l’IdO est brillant, même si, aujourd’hui, dans le monde entier, il n’en est qu’à ses débuts. Avec la masse de données, toujours croissante, en circulation, le défi est de les transformer en valeur. Pour cela, il y a besoin de data center. Au Maroc, comme ailleurs, certaines industries, telles que l’agroalimentaire, s’y sont déjà mises. Le concept de Smart cities, qui permet de régler certains points noirs d’une ville (circulation, stationnement, sécurité, etc.) offre lui-même de belles perspectives d’évolution. 

Vous venez d’aborder le sujet des data centers. Quels sont vos projets en la matière au Maroc ?

Nous avons effectivement un projet avec Medasys pour la fourniture de services de cloud hébergés au Maroc. Développé en partenariat public-privé, ce projet, baptisé Meda Cloud, entre dans sa phase de déploiement. 

Si de nombreuses innovations technologiques sont effectivement disponibles au Maroc, d’autres, telles que la 3D ou les devices connectés wearables (à porter), peinent à percer. Qu’en pensez-vous? 

La perspective est, encore une fois, très différente. Pour ce qui est des «wearables», le marché est, il est vrai, accessible mais peu disponible. C’est le cas un peu partout dans le monde. Au final, le besoin et l’utilité conduiront le Marocain à adopter cette technologie. Nous pouvons ainsi imaginer des applications, dans la santé par exemple, qui rendraient le port d’une montre connectée utile, voire nécessaire. Nous ne sommes qu’au début de ces nouvelles technologies. Beaucoup de défis, réglementaires ou sécuritaires, doivent encore être relevés. Concernant le cloud, même s’il est utilisé par plusieurs entreprises, il est vrai que le Maroc est un peu à la traîne, notamment parce que nous utilisons des capacités à l’étranger. Mais le Maroc a montré sa volonté d’être à la fois un consommateur et un fournisseur de technologie. 

Le marché des smartphones au Maroc semble se porter sur l’entrée et moyenne gamme. Quel est l’impact sur votre activité ? 

Il est clair qu’aujourd’hui le marché du smartphone, premier device vendu au monde, est tiré par les pays émergents, les pays matures commençant à saturer. Or, les marchés émergents ne peuvent accéder au même niveau de prix que les marchés matures. Tous les indicateurs nous le prédisaient. Intel s’y est donc préparé en lançant de nouvelles gammes, notamment la gamme Intel Atom, qui adressent de nouveaux besoins à prix compétitifs.

Comment se répartit votre activité au Maroc ?

Sur le PC, qui a accusé une légère baisse à l’issue du second trimestre de cette année, et les data centers (+10% au second trimestre), nous restons leaders. Sur les tablettes, nous sommes en passe de passer de la position de challenger à celle d’acteur majeur. Nous inspirons à devenir leaders dès l’année prochaine. Enfin, sur le Smartphone, nous nous y attellerons dès 2016, notamment en misant sur la 4G. Jusque-là, il nous a été difficile de nous focaliser sur l’ensemble des segments en même temps. Nous avions, jusque-là, privilégié le PC et les data centers.