Al Amana : quatre banques en course pour la titrisation de 2,3 milliards de DH

En lice, Morgan Stanley, Citybank mais aussi Maghreb Titrisation (groupe CDG)


Le gagnant sera connu dans quelques jours.

Le projet lancé par l’association Al Amana portant sur la titrisation de ses créances est dans sa phase finale. Après avoir lancé, en juin dernier, l’appel d’offres pour la sélection de la banque-conseil qui l’accompagnera dans cette opération, l’association de microcrédit, dirigée par Fouad Abdelmoumni, est actuellement en phase d’examen des dernières propositions restées en course. Ces dernières sont au nombre de quatre dont trois émanant de banques étrangères mondialement connues: Morgan Stanley et City Bank, et une seule marocaine à  savoir Maghreb Titrisation (MT), filiale du groupe CDG. Rappelons que sur les 25 organismes marocains et étrangers sollicités par l’association Al Amana, une dizaine avaient répondu. Selon des sources bien informées, les équipes d’Al Amana en sont au stade de l’examen des offres financières, en l’occurrence les coûts de gestion proposés par les uns et les autres.

Si aucune indication n’est disponible quant au contenu de ces offres, il n’en reste pas moins que l’opération est importante à  plusieurs égards. D’abord, par les montants des émissions prévues. Ainsi, au début, Al Amana envisageait de titriser un paquet de 500 MDH seulement, mais aujourd’hui, il semble que l’on se dirige vers des montants beaucoup plus consistants. On parle, en fait, d’une titrisation en trois tranches successivement en 2008, 2009 et 2010 et portant respectivement sur 500, 800 MDH et un milliard de DH.

En plus de l’importance des montants en jeu, l’opération sera surtout une première en la matière et ouvrira certainement la voie à  d’autres associations de microcrédit. Car il faut savoir qu’en vertu de la loi 10-98, relative à  la titrisation, les seules créances éligibles à  la titrisation sont celles dites hypothécaires, c’est-à -dire adossées à  des hypothèques donc forcément détenues par des banques ou des sociétés de crédit immobilier.

Autrement dit, la loi, pour l’instant, ne permet pas à  Al Amana de procéder à  une telle opération. Toutefois, un projet d’amendement, approuvé en Conseil du gouvernement en avril 2007, prévoit justement de donner la possibilité aux associations de microcrédit de rendre liquides leurs créances par voie de titrisation. Ledit projet n’est toujours pas voté par le Parlement mais les dirigeants des associations en général, et ceux d’Al Amana en particulier, gardent bon espoir.