Aiguebelle se réoriente vers l’export

La société mise sur les marques de distributeur pour pénétrer le marché européen
Représentant 1% du chiffre d’affaires actuellement, les exportations devraient atteindre 50 % dans 5 ans.

Ça bouge à la Compagnie chérifienne de chocolaterie, propriétaire de la marque Aiguebelle. Après le démarrage, il y a trois semaines, de sa ligne de production de confiserie, la société, qui n’effectue que quelques petites opérations sur les marchés étrangers, s’apprête à y développer son activité et ce, dès 2005. Ainsi, elle se positionnera sur les marchés européens en exportant non pas sous la marque Aiguebelle, mais sous des marques de distributeur. Cette stratégie est la seule façon, selon Amine Berrada, DG d’Aiguebelle, de pénétrer cette zone, aujourd’hui saturée par les marques. Outre l’Europe, la CCC cible également les pays d’Afrique du Nord, d’Afrique francophone et du Moyen-Orient.
Représentant actuellement 1 % de son chiffre d’affaires, la part des exportations devrait, selon le DG, atteindre, au cours des 5 prochaines années, les 50 %. Pour cela, l’entreprise mène beaucoup d’actions prospectives à l’étranger. Après le Salon international de l’alimentation qui s’est tenu en octobre dernier à Paris, elle participera en janvier prochain au Salon mondial de la confiserie et de la chocolaterie qui aura lieu à Cologne. Des rendez-vous professionnels qui constituent, selon M. Berrada, d’importantes opportunités d’affaires.

Le CA est passé de 85 MDH en 2003 à 94 en 2004
Cette orientation vers l’export est destinée à compenser pour la CCC, comme pour toutes les entreprises du secteur, le manque à gagner enregistré sur le marché local. Celui-ci a été, en 2003, fortement perturbé par les importations illégales et la sous-facturation ; plusieurs opérateurs ont dû mettre la clé sous le paillasson et seulement une dizaine a pu résister à la crise.
Le propriétaire de la marque Aiguebelle figure parmi celles qui ont pu tirer leur épingle du jeu puisque son chiffre d’affaires est passé de 85 MDH en 2003 à 94 millions pour l’exercice en cours. Une croissance qui s’explique, selon Amine Berrada, par «les effets de la mise à niveau». Ce programme qui a concerné les volets structurel et industriel a nécessité un investissement de 70 MDH sur quatre ans. La certification de l’entreprise en avril 2003 en a été le premier stade. Par ailleurs, et pour reprendre les termes de son responsable, l’entreprise a fait preuve d’imagination. Entre 2003 et 2004, elle a mis sur le marché environ une quarantaine de produits nouveaux destinés aux particuliers comme aux industriels. L’activité est également soutenue par la communication. Environ 20% de son chiffre d’affaires est affecté aux opérations de marketing. Une campagne, pour soutenir les ventes de fin d’année, vient d’être lancée cette semaine et s’étalera sur deux mois