AID AL ADHA : le sardi vendu entre 45 et 50 DH le kg, les autres races entre 40 et 45 DH

En général, les prix ont augmenté de 2 à  5 DH le kilo dans le sillage du coût des aliments. La multiplication des lieux de vente de proximité réduit la spéculation. Les éleveurs réalisent 70% de leur chiffre d’affaires annuelle pendant l’AID.

Le coût du sacrifice sera un peu plus élevé qu’en 2011. Pour le prochain Aïd Al Adha, le prix du mouton a augmenté de 2 DH à 5 DH le kilo, selon la race, le moment de l’acquisition et l’endroit où s’effectue l’achat. Les spécialistes de l’Association nationale des éleveurs d’ovins et de caprins (Anoc) expliquent que, d’une année à l’autre, il y a toujours une légère augmentation et qui normalement se situe dans une fourchette de 1 à 2 DH. La situation est donc exceptionnelle. Outre la loi de l’offre et de la demande, l’année actuelle a été marquée par une augmentation du prix de l’aliment de bétail qui de 3 DH est passé à 3,50 DH, ce qui augmente les charges des éleveurs entre 12 et 15% sur l’année, explique en substance le Dr Saïd Fagouri, DG de l’Anoc. Par exemple, pour le sardi, il faut donc compter sur 45 à 50 DH le kilo vif. Les autres races sont vendues entre 40 et 45 DH.

Heureusement pour le consommateur que les éleveurs jouent la proximité. En plus des souks, les moutons sont proposés dans de petites fermes, des étables accessibles au grand public et des espaces de vente adossés à la grande distribution. Ce qui permet de juguler en grande partie la spéculation et, par conséquent, de limiter la hausse des prix.

7,5 millions de bêtes destinées à l’abattage

Les professionnels du secteur sont unanimes : l’Aïd Al Adha génère près de 70% de leur chiffre d’affaires, et les rares années où l’Etat avait décrété «année blanche» pour le sacrifice de l’Aïd ont été très pénibles sur le plan financier. En fait, les éleveurs dimensionnent leur business pour l’approvisionnement du marché sur toute l’année. Mais bien évidemment, le mouton destiné à l’abattage répond à une logique spécifique car ce genre de bête est de faible poids, entre 12 et 15 kg. Alors que pour l’Aïd, une bête doit être engraissée pour atteindre entre 20 kg et 70 kg si ce n’est plus. Comme le poids infléchit la part de la graisse en augmentant, la part de la viande peut représenter plus de 55% du poids total de la bête. En général, l’offre, en qualité, répond aux attentes de la clientèle.

En l’espace de quelques années, les éleveurs ont appris à travailler mieux pour rentabiliser leur exploitation. Cela se perçoit non seulement au niveau de l’hygiène, grand mais aussi au niveau de la sélection des géniteurs et des brebis elles-mêmes. Aujourd’hui, au Maroc, ce sont 350 000 brebis qui sont inscrites sur le livre généalogique. Même logique pour les béliers. Un bélier sardi vaut par exemple entre 7 000 et 12 000 DH. Grâce à cette sélection qui est pratiquée par 50% de l’ensemble des éleveurs, on est passé en vingt ans, selon l’Anoc, d’un poids de 65 à 70 kg et beaucoup plus. On peut se poser alors la question de savoir pourquoi le cheptel ovin (et bovin, par la même occasion) n’augmente pas ou peu, avec l’amélioration constante de la profession. Pour cette année, le nombre de têtes disponibles pour l’abattage est de 7,5 millions dont 4,5 pour les ovins, le reste étant constitué de caprins. Ce qui peut largement satisfaire la demande. Et justement, en matière d’élevage, la technicité et le savoir-faire doivent être au service de la qualité mais uniquement en fonction de la demande. Car chaque bête a un coût et il serait absurde d’en produire un grand nombre que le marché n’est pas prêt à absorber. Pour un bon éleveur, par exemple, il est inutile d’avoir un grand nombre de mâles car un seul est en mesure d’ensemencer 50 femelles.