Agrumes : le potentiel du marché africain insuffisamment exploité

Les exportations de produits végétaux ont augmenté de 70% en 4 ans, alors que celles des agrumes reculaient de 8%. Les opérateurs sont perturbés par les problèmes institutionnels, commerciaux, logistiques et juridiques.

L’Association des conditionneurs d’agrumes du Maroc (ASCAM) est décidée à doper les exportations en Afrique subsaharienne. Cette ambition a été exprimée lors de la journée d’études organisée le 14 juin à Casablanca. Il est vrai qu’en 4 ans le volume des produits végétaux expédié dans cette partie du continent (Mauritanie, Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Gabon et Guinée essentiellement) a progressé de 70%, passant de 9 425 t en 2009 à 16 082t en 2013.

Cependant, la demande potentielle qui peut émaner de ces marchés est largement plus significative. Durant la période indiquée, les quantités d’agrumes expédiées avaient toutefois fléchi de 8%, à 1 468 t. Dans le même temps, les autres fruits et légumes et les produits végétaux transformés (79% du volume total) ont progressé respectivement de 650% et 80%, à 1952t et 12 662 t.

L’ASCAM estime que le Maroc «peut mieux faire». Preuve d’un certain agacement provoqué en partie par les pratiques déloyales du secteur informel dont la qualité des produits nuit à la valeur des exportations normalisées. Selon Khalid Bounajma, secrétaire général de l’ASCAM, «le secteur informel génère de grandes marges bénéficiaires et peut se targuer, dans le cas de la rareté du produit, de pouvoir l’acheter directement chez le producteur et priver le secteur formel d’une source d’approvisionnement».

L’association soulève en plus d’autres facteurs inhibant sur les plans institutionnels, commerciaux, logistiques et juridiques. Elle souligne à ce propos que malgré le renforcement des accords bilatéraux avec la plupart des pays précités, certains accords signés sont restés lettre morte ou se limitent à une liste réduite de produits.

Pour ne rien arranger, le déficit d’infrastructures de transport inter-Etat adéquates (terrestre et maritime) génère des coûts supplémentaires et allonge les délais de livraisons, sans compter les problèmes liés à la législation des changes dans la plupart des pays et les tracasseries administratives, notamment à la frontière mauritanienne. Pour l’ASCAM, c’est clairement sur ces différents goulots d’étranglement que doivent agir les pouvoirs publics pour donner un coup de pouce aux exportations d’agrumes.