Agroalimentaire : les discussions pour la mise en place du contrat programme reprennent

Les négociations étaient suspendues à  cause du changement de gouvernement. L’appel d’offres pour la sélection du cabinet d’accompagnement sera lancé dans les prochaines semaines. La Fénagri réclame des solutions pour la régularité de l’approvisionnement et des incitations fiscales.

Bloqué depuis mai 2013 en raison du changement de gouvernement, le contrat programme du secteur agroalimentaire fait de nouveau l’objet de discussions entre les professionnels et les ministères concernés. Les négociations en cours permettront de finaliser les termes de référence pour l’appel d’offres relatif à la sélection du cabinet qui doit accompagner les professionnels dans la mise en place du contrat programme.

A la Fédération nationale des industries agroalimentaires (Fénagri), on ne se prononce pas sur l’état d’avancement du dossier, mais une source bien informée pense que «la reprise des discussions devrait aboutir sur du concret dans les semaines à venir». Ce qui n’est pas pour déplaire aux industriels de l’agroalimentaire qui s’impatientent car le contrat programme dont la signature était prévue pour ce début 2014 doit apporter des solutions aux actuels problèmes contrariant le développement du secteur. Celui-ci, bien que classé deuxième exportateur en 2013 après le groupe OCP, manque toujours de visibilité. D’après les récentes statistiques de l’Office des changes, les exportations de l’agroalimentaire sont en hausse de 7,4%, mais les entreprises continuent de souffrir de la problématique de l’approvisionnement et d’un rallongement des délais de paiement.

En ce qui concerne le marché intérieur, les professionnels soulignent que «le secteur n’arrive pas à capter la demande intérieure en raison de la concurrence des produits importés. Il s’agit bien entendu de produits élaborés et donc à forte valeur ajoutée que les professionnels nationaux ne peuvent pas pour l’instant produire» en raison de l’absence d’ancrage entre l’amont (la production agricole) et l’aval qui n’est autre que l’industrie. Ce qui explique, selon les industriels, les bonnes performances des produits de première transformation (les conserves végétales et les conserves des produits de la mer).

La fédération incite ses membres à chercher
des partenaires étrangers

C’est pourquoi, à la Fénagri, on estime que le contrat programme est une urgence afin d’apporter une solution à l’irrégularité de l’approvisionnement qui empêche une forte valorisation de la production. Avec le Plan Maroc Vert, le chantier est certes ouvert, mais il faut des dispositions spécifiques afin de développer l’intégration des unités industrielles et les cultures industrielles dont la production serait prioritairement destinée à la transformation à forte valeur ajoutée.
Outre l’ancrage de l’amont à l’aval, le contrat programme devrait également résoudre le problème de la fiscalité. «Ce point est toujours aussi fondamental pour le secteur et force est de constater que nous n’avons pas été entendus lors de la préparation de la LF 2014 puisque certains produits ont vu leur TVA augmenter», dit-on à la Fénagri. Cette dernière estime que pour valoriser les produits agricoles, les industriels doivent bénéficier d’incitations fiscales, notamment une baisse de l’ensemble des impôts et particulièrement la TVA. Les industriels suggèrent un taux de 14% qui encouragerait la consommation intérieure et améliorerait la valorisation de la production. Rappelons qu’actuellement l’industrie agroalimentaire ne représente que 4% du PIB, ce qui reste faible par rapport à d’autres pays où le taux atteint les 15%.

En attendant la finalisation et la signature du contrat programme, la Fénagri souligne l’importance de certaines mesures qui sont d’actualité et qui constituent les grands chantiers de 2014. Tout d’abord, dans le domaine de la logistique, il y a la mise en place d’un contrat d’application pour l’amélioration de la compétitivité logistique des flux de distribution interne. Pour le développement de l’export, la fédération participe avec l’Asmex à la création d’un club halal et soutient la mise en place des contrats de croissance à l’export et la mise en place d’un programme de renforcement des exportations grâce à un financement de l’ambassade du Canada. Ayant souffert des retards et des problèmes de rédaction des textes réglementaires, la Fénagri entend développer en 2014 un partenariat avec les parties concernées. Enfin, elle a lancé des actions de sensibilisation auprès des opérateurs du secteur pour les informer de l’importance des partenaires étrangers qui peuvent contribuer à la modernisation de la filière agroalimentaire.