SIAM : L’amandier, un fruit peu exigeant

La production de l’amandier est dominée par les petites exploitations de moins de 1 ha qui représentent la majorité des exploitations d’amandiers. La filière figure parmi les chantiers les plus importants dans le Plan Maroc Vert quant à son développement et sa promotion.

Dans tous les pays de climat méditerranéen, l’amandier est très apprécié pour sa résistance à la sécheresse et sa rusticité. En plus, il est parfaitement adaptable aux terrains les plus médiocres. Ce qui fait de lui un arbre très précieux.

Au niveau national, la filière de l’amandier occupe une superficie de 157 000 ha, dont 137 000 productifs et 32 000 ha irrigués. Cette filière figure parmi les chantiers les plus importants dans le Plan Maroc Vert quant à son développement et sa promotion. Dans ce sens, une série de mesures et dispositions ont été prises avec pour objectifs l’amélioration de la productivité, l’extension des superficies dédiées, le perfectionnement des espèces et des plants, la diversification des débouchés, l’optimisation de la qualité et le renforcement de l’interprofession. Effectivement, depuis le lancement du Plan Maroc Vert, des efforts importants ont été entrepris pour la filière dans le cadre des programmes de diversification des cultures menés par le département de l’agriculture, en particulier à travers la reconversion des céréales vers des filières à haute valeur ajoutée telles que l’olivier, l’amandier ou le figuier. De plus, la superficie non productive d’amandes, en attente de maturation, s’est accrue de plus de 8 000 hectares sur les 5 dernières années. Pour rappel, en conséquence directe du programme de diversification des cultures, la production des amandes est passée de 72 000 tonnes en 2008 à 104 000 tonnes en 2013, soit une croissance de 20%.

Côté production, les bassins concentrés du côté de Taza,  Taounate, Al Hoceima, et aussi dans le Souss, et Massa-Draâ, dans la région de Marrakech et d’Al Haouz ainsi que l’Oriental, représentent plus de 80% de la superficie nationale et assurent plus de 50 % de la production globale du pays.

Les vergers traditionnels sont localisés essentiellement en zones montagneuses, tandis que les plantations semi-intensives et modernes se situent dans les provinces de Fès, Meknès, Béni-Mellal, Azilal, Marrakech, Safi et Essaouira. Ainsi, Fès et Meknès se distinguent par des productivités élevées. Avec 6% de la superficie productive d’amandiers, les 2 régions totalisent près de 30% de la production nationale. Cet écart de productivité provient essentiellement de la conduite technique et du mode d’irrigation pratiqué. La conduite de l’amandier, se fait à près de 80% en zone bour et se traduit en conséquence par une volatilité des rendements liée aux conditions climatiques. La filière de l’amandier est tellement importante qu’un plan d’action a été mis en place pour la développer dans la région de Tafraout et Anezi, principales zones de production, avec respectivement des superficies de 4 000 ha et 2 000 ha. Ce qui fait une superficie globale de 6 000 ha. Le nombre des bénéficiaires de ce projet avoisine les 7 300 personnes, pour un montant de 46 MDH, sachant que ledit projet porte notamment sur l’aménagement de 450 ha d’amandiers, la construction et l’aménagement de deux unités de valorisation des produits et l’acquisition de nombre d’équipements, sans évoquer les services de soutien et d’encadrement technique.

Ce projet ambitionne aussi l’aménagement et le renforcement de terrasses sur 71 mille mètres linéaires, la protection contre l’érosion des terrains agricoles, la mise en place de 25 forages d’exploration des eaux, la construction d’installations hydro-agricoles et la fourniture, à titre gracieux, de ruchers pour la pollinisation des cultures.

Renouveler les plantations

Lancé à titre expérimental, il y a deux ans, ce projet prévoit la plantation, à terme, de 17 500 amandiers sur un périmètre de 125 ha dans la région de Tounine, irrigués par le système goutte-à-goutte à pompage par l’énergie solaire, et deux autres périmètres répartis entre Ammeln (50 h) et Tahala (50 ha).

L’objectif consiste aussi à sauver l’amandier et d’étendre à l’avenir cette nouvelle expérience à toute la zone où l’on compte renouveler les plantations sur une échelle de 600 ha dans les cercles de Tafraout et d’Anzi, en plus de l’aménagement des banquettes existantes, notamment celles situées à Imouloud (cercle d’Anezi), Tarsouate, Ammeln et Ait Ouafka (cercle de Tafraout). Ce secteur, dont la production en amandes non décortiquées, au titre de la campagne 2013-2014, est estimée à près de 101 000 tonnes (un rendement moyen de l’ordre de 0,74 T/ha) joue, toutefois, un rôle socioéconomique important, puisqu’il participe à la création d’environ quatre millions de journées de travail et génère une valeur commerciale d’environ un milliard de dirhams.  Ce qu’il convient de souligner, c’est que la production de l’amandier est dominée par les petites exploitations de moins de 1 ha qui représentent la majorité des exploitations d’amandiers. Cet état de fait génère une dispersion de l’offre avec de fortes implications sur les modes de commercialisation et les volumes mis sur le marché.

Les produits de l’amande qu’on retrouve sur le marché sont : l’amande en coque, l’amande douce (décortiquée), l’Amande amère (décortiquée), l’amande transformée (pate ou effilée). Quant à l’utilisation des amandes, elle se fait sous diverses formes. C’est-à-dire en tant que fruit sec (amande douce), nature (vrac), salé (vrac ou emballé), torréfié (vrac ou emballé). L’amande est également utilisée en tant qu’ingrédient pour des laboratoires pharmacologiques (amande amère), ou pour pâtisserie (pâte d’amande et amande effilée) ou encore pour industries de chocolat et de glaces.