SIAM : La filière oléicole atteint les objectifs du PMV sans peine

La campagne 2015/2016 a enregistré une récolte record de 1,4 million de tonnes pour 1 million d’hectares implantés. Le PMV prévoit d’atteindre 1,22 million d’hectares d’implantations et une production de 2,5 millions de tonnes en 2020.

La production d’olives a affiché un record pour cette campagne. En effet, 1,42 million de tonnes ont été récoltés à partir de novembre dernier. Un volume en hausse de 85% par rapport à 2009, année du lancement du Plan Maroc Vert (PMV). D’ailleurs, la filière atteint les objectifs fixés par le PMV sans difficultés. C’est grâce entre autres à l’extension des superficies plantées. Ce n’est pas moins d’un million d’hectares dédiés à la production de l’huile qui ont été plantés, sachant que l’objectif à l’horizon 2020 que s’est assigné la stratégie est d’atteindre 1,22 million d’hectares contre 773 000 en 2009. La production d’olives, elle, devrait se situer à terme à 2,5 millions de tonnes. Il faut savoir que le pays dispose d’un bon classement aussi bien en matière de production que d’exportations. En effet, le Maroc se hisse au rang des plus grands producteurs mondiaux d’huile d’olive. En 2015, il a occupé la 5e place au niveau mondial, derrière l’Espagne, la Tunisie, l’Italie et la Grèce. En parallèle, il se positionne à la 5e place sur le plan des exportations avec près de 36 000 tonnes écoulées annuellement dont 11 000 à 14 000 tonnes d’huile d’olive extra vierge. Ce positionnement, le Maroc le doit à la qualité de son huile d’olive. Il gagne donc en reconnaissance et en positionnement. Aussi, est-il important de savoir que les principaux clients du Maroc sont l’Union Européenne et les Etats-Unis avec des parts respectives de 50% et 37%. Hormis ces deux marchés qui bénéficient d’accords de libre échange, l’huile d’olive marocaine devrait s’ouvrir à d’autres marchés. Allusion faite à l’Afrique et aux pays arabes.

Quoi qu’il en soit, ce segment dispose d’un bon avenir devant lui. La prochaine campagne devrait être aussi bonne que celle-ci, grâce notamment aux nouvelles plantations qui devraient donner leurs fruits. Notons au passage que les principales régions productrices de cet «or vert» sont représentées par la région Meknes-Fès qui en draine une part de 33%, suivie par Marrakech –Safi avec 20%. Directement après, se positionnent les autres régions, à l’instar de l’Oriental (13%), Khénifra- Beni Mellal (12%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 10%.

Comme olives riment directement avec huile d’olive, il faut savoir que la production de l’huile s’inscrit toujours sur une pente ascendante. Elle a atteint 138 000 tonnes au titre de cette campagne et quand on sait que la consommation annuelle moyenne est de 2,5 litres par habitant, le marché devrait être entièrement approvisionné. Cette consommation croît régulièrement parce que le consommateur marocain est de plus en plus porté sur l’huile d’olive. Il devient plus conscient de l’importance et des bienfaits de cette huile dans son alimentation quotidienne. Ainsi, la consommation devrait augmenter davantage et le Maroc ne devrait pas trouver de difficultés pour assurer les besoins du marché local. En tout cas, la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive) devrait signer une convention avec le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime afin de mettre en place un programme visant la promotion d’un programme de qualité et ce, sur une durée de 3 ans. L’objectif final étant de sensibiliser les consommateurs à une production de qualité adaptée aux normes internationales, que ce soit au niveau de l’hygiène ou du process industriel de trituration. Cela afin d’éviter, sinon de limiter la commercialisation des huiles produites d’une manière artisanale et dont le traitement ne répond à aucune exigence de propreté ou autres. Et combien de consommateurs préfèrent commander l’huile d’olive dite vierge directement de la campagne parce que soi-disant elle n’est pas mélangée et n’a fait l’objet d’aucun autre traitement affectant sa qualité. Fausse idée !

La filière a certes affiché de grandes avancées qui ne pouvaient être possibles sans la mise en place d’une stratégie bien définie. Toutefois, elle fait encore face à quelques insuffisances au niveau de son exploitation et qui la rendent moins compétitive sur le marché international. Ces lacunes ont trait essentiellement à la faiblesse des technologies employées ainsi que la dépréciation de la qualité de la matière première, selon un rapport publié par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).  Pour sa part, Interprolive qui reste confiante dans le potentiel de production du pays, mène un travail acharné pour une meilleure organisation de la cueillette des olives, du transport, des conditions de trituration qui devraient intervenir 48 heures après la cueillette, du conditionnement et de l’entreposage.