SIAM : Du melon à exporter et pour approvisionner le marché national

Une production diversifiée et étalée sur une bonne partie de l’année. De fortes potentialités de développement et de satisfaction de toute la filière. En dehors du type charentais pour l’export, les différents types de melon étant essentiellement des produits de saison, la majorité de la production arrive sur le marché local groupée entre mai, juin et juillet d’où une offre importante entraînant les prix vers le bas.

Au Maroc, la surface totale consacrée à la culture du melon est estimée à 10 000 ha avec deux types de productions totalement distinctes, l’une destinée essentiellement à l’export et l’autre exclusivement au marché national.

La production destinée à l’export est dominée par les types charentais (ou cantaloup, fruit rond à chair parfumée, orange) destiné au marché européen et Piel de Sapo très demandé en Espagne, alors que le marché local est plutôt demandeur de melon Galia (fruit rond, chair verte, extérieur brodé), de melon Ananas (plus allongé, chair blanche crème, extérieur identique au Galia) et de melon jaune canari (allongé, chair blanchâtre, extérieur jaune, lisse ou ridé).

Diversité de melons pour le marché intérieur

La production mondiale de melon charentais (cantaloup) est concentrée essentiellement dans trois pays : le Maroc, l’Espagne et la France. Au Maroc elle représente moins de 20% des superficies. La production de ce type de melon est très concurrentielle et plusieurs pays visent le même créneau que le Maroc en Europe, sachant que le Maroc est le 12e exportateur mondial et que la France représente 80% des exportations marocaines.

La production de melon charentais au Maroc est concentrée dans trois zones avec plus de la moitié des superficies dans la région de Marrakech, le restant réparti entre Agadir-Taroudant et Dakhla. On trouve aussi une production plus limitée dans la région de Kénitra. Dakhla est la plus précoce et entre en production vers la mi-février alors que les deux autres débutent généralement vers début avril. A signaler que la production de Dakhla se fait exclusivement sous abris serres alors que les autres se font sous abris serres ou sous petits tunnels (chenilles, plus tardives).  En outre, il faut rappeler que la part non exportée de melon charentais est écoulée sur le marché national.

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Les trois types de melons dédiés au marché national se distinguent par leurs diverses caractéristiques :

Ainsi, le type Galia présente, pour le producteur, des avantages comme la précocité et le prix, mais son principal inconvénient reste sa sensibilité aux maladies et au froid. D’où depuis quelques années, les surfaces allouées au Galia sont en léger déclin en faveur des types ananas et jaune canari. Le type Galia est cultivé sur une surface de 1 700 ha environ, à 90% en plein champ dans les régions de Marrakech, Chichaoua, Kelâa et le reste sous abris à Agadir.

Quant au type ananas, il est apprécié aussi bien par le consommateur que par le producteur pour son rendement élevé, son calibre (3,5 à 4 kg) et son goût, et connaît une progression continue au Maroc. Il est produit essentiellement dans les régions de Marrakech, Chichaoua, Kalâa et a pris des parts de marché au Galia. Les superficies cultivées s’élèvent selon les estimations des semenciers à 2 200 ha.

Une culture à fort potentiel, en évolution constante

Le type jaune canari est produit dans plusieurs régions (les précoces à Agadir et Guelmime, les tardifs à Marrakech, au Nord, et dans l’Oriental), sur des superficies dépendant des précipitations et des inondations au nord – qui peuvent réduire considérablement sa culture. La production en variétés hybrides est estimée à 4200 ha, et concerne principalement les régions du Gharb, Larache, Marrakech, Chichaoua, Kelâa et  Agadir. A noter qu’à l’instar du type ananas, le jaune canari prend progressivement des parts de marché au Galia.

Selon les professionnels interrogés, les potentialités de développement pour ce secteur sont bien là, à condition de trouver des variétés performantes à tous les niveaux (qualité, rendement et plus de résistances). Les sociétés semencières sont à l’écoute des attentes des agriculteurs et des essais sont menés constamment dans différentes régions du Royaume et concernent plusieurs périodes de production afin de trouver les réponses adéquates. L’objectif est de proposer une gamme de variétés pour que chaque producteur, selon ses exigences, trouve le matériel végétal adapté à sa propre région, à la période de production de son choix (serre, plein champ, précoce, saison…) et à la demande des consommateurs.

Devant la grande diversité qui s’offre au producteur, le choix de la variété à cultiver doit se décider en fonction du marché de destination et de certains paramètres variétaux, notamment la couleur et l’aspect de la robe, la durée du cycle, les résistances aux maladies, la conservation, l’aptitude au transport, etc.

Les principaux problèmes rencontrés par les melonniers sont d’ordre phytosanitaire, essentiellement les attaques de maladies fongiques. Les producteurs sont donc à la recherche de variétés résistantes (ou hautement tolérantes) et la recherche génétique est en constante évolution, pour doter les variétés de plus de résistances et de qualités sur les plans du rendement, calibre, coloration, etc., et répondant mieux aux attentes des producteurs et des consommateurs. A l’instar de la pastèque, l’une des solutions pour lutter contre les maladies est le greffage, mais son coût risque de diminuer fortement la rentabilité de la culture. Cependant, pour assurer un bon rendement, un matériel génétique de haute valeur est certes nécessaire, mais d’autres facteurs contribuent également comme la qualité du sol et de l’eau, ainsi que la conduite culturale assurée par le producteur (irrigations, fertilisation, protection phytosanitaire,…).

A signaler que  4 facteurs jouent sur la qualité du melon : la variété, l’ensoleillement, la nutrition et la maturité à la récolte. La maturité est indiquée par l’apparition d’une zone jaunâtre et sèche autour du pédoncule du fruit, l’émission d’une odeur caractéristique et le changement de la couleur pour certaines variétés.

Commercialisation, incertitudes entre production et prix

Une grande difficulté du secteur est liée à la commercialisation des melons. En effet, en dehors du type charentais pour l’export, les différents types de melon étant essentiellement des produits de saison, la majorité de la production arrive sur le marché local groupée entre mai, juin et juillet d’où une offre importante entraînant les prix vers le bas. Pour obtenir de bons prix, les producteurs recherchent toujours plus de précocité (mars), mais le tonnage est faible, les calibres petits et les dommages occasionnés par les maladies sont plus importants. De même, pendant l’été (surtout juillet), le marché peut connaître un effondrement des prix suite aux fortes chaleurs qui affectent la qualité, la coloration et le goût. Généralement, en fin de cycle du jaune canari la commercialisation des variétés ridées (région Larache) est facilitée par leur aspect et leur gros calibre. Dès leur apparition sur le marché, le prix du melon lisse chute progressivement.

Caractéristiques… Le melon est cultivé dans tous les pays chauds de la planète et la production mondiale, tous types confondus, dépasse 28 millions de tonnes sur une superficie de 117 000 hectares. Le premier pays producteur est la Chine, qui représente à elle seule plus de la moitié de la production mondiale, suivie par la Turquie avec 1,7 Mt, suivie par l’Iran produisant 1,2 Mt par an. Cependant, ces trois pays producteurs ne représentent qu’une petite partie des échanges mondiaux de melon. Il faut signaler que le melon se conserve difficilement car, une fois arrivé à maturité, sa texture et ses arômes se dégradent rapidement. A titre d’exemple, un melon charentais traditionnel doit être consommé 3 à 4 jours après récolte. Les sélectionneurs ont amélioré cette caractéristique et on trouve des melons charentais qu’on peut conserver 16 à 20 jours après récolte. Les chercheurs ont donc essayé de combiner la longue conservation avec les caractères du charentais pour parvenir aux variétés hybrides actuelles.