Palmier dattier : Bon cru annuel à Drâa-Tafilalet

• La production régionale de dattes au rendez-vous en termes de qualité et quantité avec des volumes suffisants pour approvisionner le marché national • Une quantité de 115 000 tonnes, soit une croissance de 5% comparativement à la moyenne des trois dernières années • Les résultats actuels sont dus à l’entrée en production des fermes modernes implantées dans l’axe Meski-Boudnib.

Bonne nouvelle !… La filière phoenicicole a enregistré cette année de bonnes performances à Drâa-Tafilalet qui, rappelons-le, concentre plus de 90% de ce patrimoine agricole du Maroc. La production régionale de dattes est au rendez-vous avec des quantités suffisantes pour approvisionner le marché local et national. Et ce, en dépit des contraintes climatiques et des retombées de la pandémie. De source de l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) du Tafilalet, la production de dattes a atteint un volume de 115 000 tonnes cette année. L’impact de la faible pluviométrie des quatre dernières années s’est traduit par une petite chute en volume, comparativement à l’an dernier mais la production est en croissance de 5% par rapport à la moyenne des trois dernières années de production, précise un responsable de l’établissement. En terme de qualité, la production est dite très satisfaisante de manière à répondre aux exigences aussi bien des commerçants que celles des consommateurs.

Les résultats enregistrés en terme de quantité comme au niveau de la qualité sont dus à l’entrée en phase de production des fermes modernes de palmiers dattiers développées ces dernières années dans la région au niveau de l’axe Meski Boudnib, indique une source institutionnelle. L’évolution de la production de ces exploitations agricoles modernes apporte ainsi un nouveau souffle à la filière. Elle permet aussi de combler le déficit accusé au niveau de certaines oasis traditionnelles qui souffrent du manque des ressources hydriques destinées à l’irrigation.

En matière de valorisation de la production et d’approvisionnement du marché, il faut souligner aussi le rôle des unités de conditionnement et de stockage de dattes existant dans le Drâa-Tafilalet. A noter, dans ce cadre, la construction et l’équipement de 48 unités de valorisation pour l’amélioration du rendement de la filière. Le renforcement de la valorisation repose aujourd’hui sur la création de nouvelles unités frigorifiques pour le stockage et le conditionnement du produit.

Dans cette région composée d’espaces présahariens et sahariens le palmier dattier est un pilier de l’économie. C’est en fait l’ossature des agrosystèmes oasiens, générant aujourd’hui 60% de la composition du revenu agricole des oasis et 4 millions de jours de travail pour plus de deux millions de la population.

Ces performances sont le résultat de la mise en œuvre de plusieurs actions dans le cadre du Plan Maroc Vert. Rappelons à ce sujet qu’un contrat-programme avait été conclu entre le gouvernement et les professionnels le 21 avril 2010. Objectif : développer la filière et mener un programme de plantation de 3 millions de palmiers, soit l’équivalent de 19 000 ha à l’horizon 2020, de manière à protéger et développer cette culture. Il s’agit ainsi d’extension et de réhabilitation des palmeraies pour un meilleur rendement. Sur le plan production, les ambitions sont d’atteindre 185 000 tonnes par an à l’horizon 2030. Le tout accompagné d’une amélioration de la qualité du produit et de sa commercialisation. Plusieurs objectifs de ce contrat-programme ont déjà été atteints, notamment en matière de plantations au niveau desquelles l’objectif des 3 millions de pieds a été atteint fin 2019, soit un an avant l’échéance. En 2020, le nombre cumulé de plantations est d’environ 3,08 millions de plants, soit 103% de l’objectif du programme initial.

En termes d’investissements, les objectifs inscrits dans le contrat-programme représentent 7,6 milliards de DH dont 4,9 milliards sous forme de soutien de l’Etat, et ce à travers la subvention octroyée à travers la distribution de plants et la réalisation des plantations. Ceci sans oublier l’équipement en systèmes d’irrigation qui a bénéficié à 15.560 hectares. Il y a eu aussi la cession du foncier aux investisseurs opérant en dehors des palmeraies. A cet effet, 28 400 ha ont été mobilisés.

Les objectifs atteints ont permis au Maroc de se maintenir parmi les plus grands producteurs mondiaux de dattes. Le Royaume est classé au douzième rang mondial en termes de production. Les chantiers initiés ont généré des opportunités d’emplois au cours de la période 2008-2019 et permis de doubler  la valeur ajoutée du produit.

La poursuite de la réhabilitation des oasis et la création de nouveaux vergers modernes de palmiers dattiers pour l’extension de la superficie en dehors des oasis traditionnelles sont quelques-uns des défis encore à relever. La délimitation des zones d’extension dans les différentes zones de production et leur protection du bayoud sont également d’autres actions à entreprendre.

Sur le plan amélioration des techniques de conduite de la culture, la filière peut compter sur une expertise nationale spécialisée dans la culture du palmier dattier qui peut-être mobilisée pour l’assistance technique, la recherche -développement et l’encadrement.

En ce qui concerne le commerce, le marché intérieur offre des potentialités de développement en raison de la hausse de la demande dopée par l’évolution démographique. Au niveau export, les possibilités sont prometteuses, le Royaume comptant des variétés de renommée mondiale. Sur le plan variétal, le palmier dattier dans le Tafilalet compte plus de 450 variétés et clones de dattes, selon des données de l’ORMVA du Tafilalet. Au niveau de cette zone d’action, le profil variétal du palmier dattier reste dominé par les Khalts (36%), suivis par les variétés Majhoul (27%), Boufegouss (19%), Bouslikhane (9%) et Najda (8%). Le reste, composé des variétés Bouzekri, Aaboujou, Boufegouss gharass, Aziza et Oum Nhal, représente environ (1%). Il reste aujourd’hui à continuer à prier pour que les pluies soient au rendez-vous cette année afin de permettre à cette filière de poursuivre son développement.