L’arganier de Berkane, un moteur de développement local

Cultivé sur 150 ha, l’espèce contribue à la diversité du patrimoine naturel et écologique de la région.

A l’ombre du massif des Beni-Snassen, dans la province de Berkane, l’on retrouve, aux côtés des variétés végétales forestières habituelles dans ces contrées, une espèce peu commune dans l’Oriental même si elle est fortement présente dans d’autres régions du Maroc : l’arganier. Bien que contenu dans une aire géographique infiniment plus réduite et ne comptabilisant qu’un faible effectif d’environ 1300 arbres productifs, l’arganier de l’Oriental contribue à la diversité et la richesse du patrimoine naturel et écologique de la région.

De l’avis des experts, le potentiel de cette filière va bien au-delà de l’état actuel, et il est possible d’en faire un véritable levier pour le développement local au niveau de la commune de Chouihia dans la province de Berkane, à condition, tout d’abord, de préserver cette espèce, qui subsiste dans des conditions difficiles.

Il s’agit ensuite de procéder à une montée en gamme de cette filière, notamment par la densification de l’effectif de l’arganier, encore trop faible et trop éparpillé, mais aussi par l’élargissement de l’aire de plantation de l’arganier, qui ne dépasse pas actuellement une superficie exploitée de 150 ha. Dans cette optique, il faudra mobiliser éventuellement le domaine forestier local, en plus d’encourager sa plantation dans les terrains privés.

200 à 500 litres d’huile d’argane produits par an

C’est ce qui ressort d’une réunion tenue récemment à ce sujet au siège de la préfecture de la province de Berkane, sous la présidence du gouverneur de la province, Mohamed Ali Habouha, et en présence de la directrice du développement des zones de l’arganier à l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), Latifa Yaakoubi, ainsi que de chefs de services extérieurs et d’acteurs institutionnels et associatifs. Objectif affiché: lancer les premières réflexions sur les moyens de faire de l’arganier un moteur de développement dans la zone.

D’après des chiffres présentés lors de cette rencontre, «l’îlot Beni-Snassen», dénomination de cette essence endémique, offre actuellement un rendement moyen de 3 q par arbre, avec une production variable de 25kg à 5 q par arbre selon les années.

La filière enregistre la production annuelle de 450 à 1500 kg d’amandons et un volume moyen de 200 à 500 litres d’huile d’argane par an, avec un prix de vente de quelque 400 DH le litre, bien plus élevé que pour les autres zones de l’arganier, et une qualité conforme très appréciée. Elle fait vivre plusieurs dizaines de femmes regroupées au sein d’une coopérative locale.