La filière des fruits rouges monte en puissance

La production de fruits rouges a évolué de 6,11% durant la campagne 2018-2019 qui s’achèvera en juin prochain. Reconnue en avril en marge du SIAM, l’inter-profession veut mettre en place un contrat-programme 2019-2023. Une assiette foncière additionnelle de 1297 hectares a été plantée.

La filière des fruits rouges poursuit sa percée fulgurante. Selon les chiffres communiqués en exclusivité à La Vie éco par la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges (Interproberries), la campagne agricole 2018-2019 sera clôturée en juin sous le signe de la croissance, tout comme les campagnes précédentes. Pour consolider ses performances, l’inter-profession est en train de préparer un nouveau contrat-programme couvrant la période 2019-2023.
L’évolution des superficies cultivées s’est poursuivie de plus belle durant l’actuelle campagne. Signe de l’attractivité de la filière, une assiette foncière additionnelle de 1297 hectares a été plantée. Ainsi, la superficie globale atteint 8 403 hectares à ce jour. La fraise domine toujours avec 42%. Elle est talonnée par la framboise (29%) et la myrtille (27,4%). Nouvellement implantées au Maroc, la baie de Godji et les mures se taillent 1,6%. Pour ce qui est des périmètres, le Loukkos s’accapare la part du lion (60%). Il est suivi par le Souss (25%) et le Gharb (15%).

A l’évidence, la production a elle aussi évolué durant la campagne en cours, passant de 140 000 tonnes à 148 554 tonnes. En moins de dix ans, la production de la filière des fruits rouges a évolué de 42%. Une évolution très remarquable pour une filière qui n’existe que depuis trois décennies seulement. «La culture des petits fruits rouges est une culture récente, à haute valeur ajoutée, génératrice d’emplois et très performante à l’export», confie Abdessalam Acharki, directeur d’Interproberries.

Les unités de conditionnement et de surgélation certifiées HACCP

Plus en détail, la production de la fraise est passée de 132000 tonnes à 140 000 tonnes, au niveau de 593 exploitations. «Nous avons importé 204 millions de plants de fraisiers durant cette campagne», indique le directeur de la fédération, qui ajoute que l’approvisionnement en plants est assuré exclusivement par les importations. Tioga, Chandler, Oso grande, Sabrina, Fortuna, San Andreas, Victory, Camarosa, Marisol… sont autant de variétés de fraises cultivées au Maroc. Pour pénétrer facilement les marchés étrangers, les opérateurs de la filière disent appliquer les meilleures pratiques agricoles, lesquelles permettent à leur production d’être certifiée Global Gap ; une certification regroupant une série de normes de traçabilité et de sécurité alimentaire. De même, les unités de conditionnement et de surgélation sont certifiées HACCP.

Introduite au Maroc en 2005 avec 30 ha, la framboise a connu une évolution spectaculaire cette année. En effet, la superficie dédiée à ce fruit – très rentable – est passée de 1 890 ha à 2 450 ha, soit une croissance frôlant les 30%. Pour sa part, la production a plus que doublé entre 2016 et 2018 pour atteindre 21 890 tonnes.

Quant à la myrtille, qui a été introduite au Royaume en 2008 avec 150 ha, la superficie qui lui est dédiée a évolué de 21% à 2306. Là encore, la production a doublé en peu d’années seulement, entre 2015 et 2018, pour atteindre 19 655 tonnes. A noter que plus de 95% de la production de la framboise et de la myrtille sont orientés vers l’export. La raison ? «L’implantation d’entreprises agricoles européennes au Maroc a contribué pour beaucoup dans l’essor que connaît la filière», indique notre interlocuteur. Pas moins de 23 unités de conditionnement et de surgélation et autant de structures d’encadrement ont été installés dans les bassins de production.

Protection sociale garantie au personnel

Sitôt reconnue par le ministère de l’agriculture, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc en avril dernier, l’inter-profession planche déjà sur la mise en place d’un nouveau contrat-programme 2019-2023. Un contrat-programme qui vise la consolidation de l’évolution des performances de la filière, en se fixant de nouveaux objectifs à atteindre : 230 000 tonnes de production sur une superficie de 11000 ha en 2023 hectares contre 197 000 tonnes sur 8402 ha actuellement.

«La consommation des petits fruits rouges est en croissance au niveau mondial. Une importante fenêtre de décembre à mai est à saisir au Maroc car la production européenne est basse durant cette période», soutient le directeur d’Interproberries.

Après avoir été très prisée par les investisseurs durant trois décennies, la fraise sera de moins en moins réceptive des investissements dans les années à venir, à en croire les objectifs fixés par le contrat-programme. En fait, les investissements prévus cibleront la myrtille et les mûres en premier lieu. Évident, lorsque l’on sait qu’une tonne de myrtille exportée durant la campagne précédente a généré 69 600 DH contre près de 50 000 DH pour la fraise. A terme, les exportations de fruits rouges – qui ont rapporté près de 3,3 milliards de DH durant la campagne précédente – croîtront davantage en valeur, au point de dépasser celles des agrumes et approcher celles de la tomate.

Interrogé par La Vie éco sur l’impact social du développement de la filière, Abdessalam Acharki se veut rassurant. «L’ensemble des employés de nos unités industrielles sont protégés par les dispositions du code de travail : ils sont majeurs, touchent un salaire réglementaire, bénéficient de la couverture sociale et travaillent dans de bonnes conditions de transport, d’hygiène et de sécurité», précise-il.

Mis à part le contrat-programme, qui doit être validé par le département de tutelle, la fédération travaille sur d’autres dossiers, comme le développement de variétés marocaines adaptées au climat et la conquête de nouveaux marchés.

8 400 ha dont 42% de fraisiers

197 000 tonnes de production (2018/2019)
115 000 d’exportation (90% UE)
3,76 milliards de DH
10,4 millions de journées de travail
62 unités de valorisation
45 pays ciblés

(source : Interproberries)