Financement de l’agriculture : La réussite du Plan Maroc Vert n’est plus à prouver

A trois années de l’échéance, les réalisations du PMV sont perceptibles et appréciables. Que ce soit pour le Pilier I ou II, les objectifs sont presque complètement atteints.

Le Groupe Crédit Agricole du Maroc, bras financier du Plan Maroc Vert, a adapté ses produits de financement et son organisation pour répondre aux besoins de tous les projets issus de cette stratégie. Plus de 45 milliards de DH ont été octroyés jusqu’à maintenant au profit de l’agriculture, l’agro-industrie et les activités économiques en milieu rural. Toutes les filières de production ont été concernées dans toutes les régions du pays. En effet, l’intervention du groupe a concerné aussi bien les cultures annuelles comme les céréales, les légumineuses, le maraîchage…, que les cultures pérennes telles que les agrumes, les oliviers…

Concrètement, l’accompagnement du groupe bancaire, aux côtés de bailleurs de fonds nationaux et étrangers, est bien perceptible tant au niveau du Pilier I que du Pilier II. Ainsi, ce sont 869 projets qui ont été mis en place au titre du Pilier I durant la période 2008-2016, ce qui représente 96,5% de l’objectif escompté à l’horizon 2020. Ces projets ont bénéficié à 293 000 agriculteurs agrégés pour une superficie de 503 387 ha. Pour le Pilier II, 616 projets ont été concrétisés pour près de 740 000 agriculteurs. Dans ce cadre, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a accaparé 17% des projets contre 14% pour Fès-Meknès, 12% pour la région Marrakech-Safi et 11% concernent l’Oriental.

De même, plusieurs projets ont vu le jour dans le cadre du projet d’agriculture solidaire et intégré du Maroc (ASIMA), dont l’objectif est de mettre en place des mesures de conservation des sols et de préservation de la biodiversité dans des zones marginales. Ainsi, 8 500 agriculteurs en ont profité dans les zones de Rhamna, Essaouira, ElHaouz, Agadir et Tiznit.

Les produits du terroir sont également concernés. En effet, 8 boutiques ont été créées au profit de 8 groupements représentant 60 coopératives et constituées de 2600 agriculteurs et 10 filières de produits du terroir dont l’argane, le safran, les dattes, l’huile d’olives, l’olive de table, le miel, le couscous… Parallèlement, 10 autres boutiques seraient en cours de création. Elles incluent 10 nouveaux groupements, constituant 17 coopératives et comprenant 373 agriculteurs et 6 filières de produits (miel, argane, huile d’olive, figue de barbarie, épices et autres).

Avec ces réalisations et à 3 années de l’échéance du PMV, la réussite de stratégie n’est plus à prouver. Elle est articulée autour de 7 axes principaux, à savoir l’agriculture comme levier de croissance économique pour les 10 à 15 années qui suivaient la mise en place du PMV, l’agrégation en tant qu’outil d’organisation, l’agriculture pour tous, la promotion de l’investissement privé, la mise en œuvre d’une approche contractuelle, la sauvegarde des ressources naturelles et la refonte du cadre sectoriel en réformant les politiques du foncier, de l’eau et fiscale et en réorganisant le marché national. Cela passe par la modernisation des circuits de distribution et l’amélioration de l’accès aux marchés de gros et aux abattoirs. Dans le détail, la stratégie du PMV réservée au Pilier I vise la promotion d’une agriculture moderne à haute valeur ajoutée et concerne l’irrigué et le bour favorable. Elle se traduit par la réalisation de 961 projets d’agrégation et vise 560 000 exploitants moyennant un investissement global de 75 milliards de DH. Le Pilier II, lui, cible le développement d’une agriculture solidaire, située en zones de montagnes, oasiennes et le bour défavorable. Il porte sur la réalisation de 545 projets pour 840 000 agriculteurs, et ce, moyennant une enveloppe budgétaire de 20 milliards de DH. A terme, la valeur ajoutée prévisionnelle devrait se hisser à 99 milliards de DH. A côté, 1,5 million d’emplois supplémentaires devraient être générés et 4,6 millions de tonnes de produits exportés annuellement. Aussi, il est prévu l’utilisation de 1,6 million de tonnes d’engrais et 1,8 million de quintaux de semences chaque année.

Aussi appréciables qu’ils peuvent être, ces résultats ne pouvaient être atteints à travers le financement uniquement, car il fallait, en parallèle, mettre à la disposition des agriculteurs d’autres moyens d’accompagnement comme la formation, la recherche, la sensibilisation et le conseil. A cet effet, le plan institutionnel a été enrichi par la création de nombre d’organismes chargés de suivre la stratégie du PMV, à l’instar de l’Agence de développement agricole (ADA) et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ou encore de l’Office national du conseil agricole (ONCA).