Fertilisation des sols : «Nutrient Expert» à la rescousse des agriculteurs marocains

Une trentaine d’opérateurs agricoles marocains ont été initiés à la solution digitale de fertilisation des sols «Nutrient Expert». Un événement qui s’inscrit dans le cadre d’une série de formations ayant démarré en 2013 avec une moyenne de deux à trois sessions par an.

L’Institut africain de la nutrition des plantes (Africa Plant Nutrition Institute/APNI) a organisé, les 25 et 26 septembre dernier à Essaouira, une session de formation sur la fertilisation des sols, au profit d’une trentaine de cadres, de techniciens agricoles et de représentants de sociétés d’engrais, issus de plusieurs régions du Royaume.

Initié en partenariat notamment avec la Délégation provinciale de l’agriculture (DPA) d’Essaouira, cette session de formation s’est articulée autour d’une solution digitale baptisée ‘‘Nutrient Expert’’. Un outil de prise de décisions, développé sur support digital ayant comme objectif le développement de recommandations en fertilisation, utiles pour les conseillers agricoles, les agriculteurs et les revendeurs des engrais.

Dans le détail, cette solution, qui utilise les principes de la technique «Site Specific Nutrient Mangement/SSNM», se base dans ses recommandations sur le concept des 4Rs: bonne source, bonne dose, bon moment et bonne place.

Intervenant à cette occasion, le directeur général de l’APNI, Kaushik Majumdar, s’est félicité de l’organisation de cette session de formation à Essaouira dans une déclaration à l’agence MAP. A l’en croire, cette technologie novatrice vise à doter les fermiers et les agriculteurs des meilleurs outils pour la nutrition des plantes et la fertilisation des sols.

«Si les agriculteurs ne mènent pas un management efficient de fertilisation des sols au niveau de leurs parcelles agricoles, leur production sera en dessous des attentes, ce qui leur impose d’engager des investissements supplémentaires et affectera sans nul doute leurs rendements», a-t-il rappelé. En effet, Nutrient Expert est le fruit de plusieurs années de recherches. «Nous avons cumulé une longue expérience dans plus de 22 pays à travers le monde et nous sommes confiants qu’au Maroc cet outil apportera un surplus aux agriculteurs», a conclu le patron de l’APNI.

Des partenariats avec l’APNI pour des travaux d’analyse et de fertilisation

De son côté, Ahmed Najid, délégué provincial de l’agriculture d’Essaouira, a loué l’importance de cette session de formation en termes de renforcement des compétences et d’actualisation des connaissances des bénéficiaires, mais aussi pour les agriculteurs eux-mêmes en ce qui concerne l’amélioration de leurs conditions socio-économiques.

D’après lui, cet outil efficient cadre parfaitement avec les objectifs du Plan Maroc Vert, notamment en ce qui concerne le Pilier II axé sur la petite agriculture, avec comme finalité l’amélioration du rendement des agriculteurs. A l’échelle locale, la filière d’Argan emploie plus de 2 000 femmes rurales qui peuvent, elles aussi, bénéficier de cette technique pour améliorer leur rendement et leurs conditions socio-économiques. Le représentant du ministère de l’agriculture a, dans ce sens, préconisé l’établissement de partenariats avec l’APNI pour effectuer des travaux d’analyse et de fertilisation des nouvelles plantations d’arganier (domestication de l’arganier), réitérant l’engagement de la DPA à œuvrer en vue de contribuer à l’ensemble des efforts visant la promotion et l’amélioration du secteur agricole au niveau de la province.

Pour sa part, Hakim Boulal, directeur-Programme de l’APNI-Région Afrique du Nord, a rappelé que cet outil, qui a été initialement développé par l’Institut international de nutrition des plantes (IPNI), a été expérimenté au Maroc, notamment en ce qui concerne les céréales, avec des résultats fort encourageants.
«Sous les auspices de l’APNI, nous avons mené plusieurs recherches au niveau de plusieurs régions du Maroc pour valider cet outil, et maintenant nous disposons de la version 1.0 qui a été développée, et qui est téléchargeable via Internet et mise à la disposition des conseillers agricoles, des revendeurs d’engrais, voire des agriculteurs de manière gratuite», a-t-il expliqué.

Au sujet de cette formation, il a fait savoir qu’elle devra, de par ses aspects théoriques et pratiques, aider les bénéficiaires à mieux maîtriser cet outil, précisant que cet événement s’inscrit dans le cadre d’une série de formations ayant démarré en 2013 avec une moyenne de deux à trois sessions par an sur différentes thématiques, sous l’égide, dans un premier temps, de l’IPNI, avant de céder le relais à l’APNI.

Notons, enfin, que l’APNI a vu le jour en mars dernier et dispose d’un siège au sein de l’Université Polytechnique Mohammed VI de Benguérir. L’institut est présent en Afrique à travers trois antennes, à savoir celle basée à Settat couvrant la région de l’Afrique du Nord, celle de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire pour la Région de l’Afrique de l’Ouest, et celle de Nairobi au Kenya pour l’Afrique de l’Est.