Agriculture : ces jeunes qui ont franchi le pas

En créant des start-up, des groupements d’intérêt économique et des coopératives, ceux-ci cherchent à monter dans l’ascenseur social tout en servant leurs communautés.

La vague entrepreneuriale sur laquelle surfent nombre de jeunes s’invite dans tous les secteurs dynamiques. Ne faisant pas l’exception, l’agriculture attire elle aussi les jeunes voulant entreprendre. En créant des start-up, des groupements d’intérêt économique et des coopératives, ceux-ci cherchent à monter dans l’ascenseur social tout en servant leurs communautés. Exemples.

Hydrobarley, la start-up sociale qui a amélioré le vécu des éleveurs d’un village à Khémisset

C’est dans le village de Moulay Driss Aghbal, dans la province de Khémisset, qu’une start-up sociale spécialisée dans la production de fourrage vert à bas prix et l’accompagnement agricole a vu le jour.
Pour maintenir leur activité d’élevage dans des conditions difficiles, les éleveurs sont souvent acculés à employer leurs enfants comme bergers, les privant ainsi de la scolarisation. Pour venir à leur rescousse, Hydrobarley a instauré l’hydroponie, une technologie de production de fourrage hors sol, peu utilisée et méconnue au Maroc. Très économe en eau et en espace dédié aux cultures fourragères, celle-ci permet de produire du fourrage – de qualité meilleure – à des prix deux à trois fois moins chers que le fourrage classique.
«Habitués au fourrage sec et emballé, les éleveurs ont refusé d’acheter notre première production de fourrage vert. Il a fallu acquérir des brebis et les alimenter avec pour les rassurer. Ce n’est qu’après avoir vu les résultats que les éleveurs sont venus frapper à notre porte», se remémore Hanane Rifai, la directrice générale de la start-up. D’une capacité de 300 kg par jour en 2015, Hydrobarley a atteint aujourd’hui une tonne par jour. Plus encourageant, la société va proposer un service d’installation de petites unités de production de fourrage vert clés en main.

GEM, la start-up gadirie qui veut révolutionner l’irrigation

Convertir les agriculteurs de l’irrigation localisée – goutte à goutte – à la nano-irrigation. Tel est le pari osé de Meryem El Ouafi, une jeune gadirie qui a fondé Green Engineering Mission. Son point fort est qu’elle a dejà fait ses preuves en business dans le tourisme. Son idée est d’importer une technologie chinoise au Maroc en commercialisant Moistube. Ce dernier est un tube d’irrigation poreux enterré, à libération lente et continue à basse pression.
Le produit est basé sur une nanotechnologie qui réduit jusqu’à 75% de la consommation d’eau par rapport aux autres systèmes d’irrigation classiques.
«Les premiers pas ont été rassurants, du fait que notre étude de marché a bien confirmé que ce dernier est en quête d’alternative au goutte à goutte et aux systèmes conventionnels existants. Le besoin existe bien réellement et est fortement exprimé par les exploitations agricoles et les responsables des espaces verts privés et publics, qui souhaitent optimiser la consommation de l’eau et réduire les interventions humaines grâce à la nano-irrigation», indique Meryem El Ouafi.
Aujourd’hui, la start-up est prête à distribuer le produit et travaille actuellement sur le développement d’une stratégie de commercialisation pour recruter ses premiers clients directs et constituer un réseau de revendeurs.
En décrochant en 2017 le prix de l’innovation de l’African Enterpreneurship Awards, Meryem El Ouafi a vu ses efforts couronnés en bénificiant d’un financement de 50 000 dollars.

Plan Maroc Vert : 1600 ha concédés à 207 jeunes

Chargée -entre autres- de la mise en œuvre du pilier II du PMV ayant trait à l’agriculture solidaire, l’ADA a soutenu pas moins de 13 projets dédiés exclusivement aux jeunes. Au total, 207 jeunes y ont bénéficié sur une superficie globale de 1600 ha. Erigée en modèle, l’expérience d’un GIE à Dakhla est à dupliquer à l’aune des nouvelles directives royales. Après avoir bénéficié d’un appel à manifestation d’intérêt pour le soutien de l’entrepreneuriat agricole au profit de 27 jeunes diplômés à Dakhla-Oued-Eddahab, 15 parmi eux ont fondé le domaine Ajida. Le groupement exploite 50 ha dans la production de tomates et de melons destinés à l’export et emploie plus de 200 ouvriers agricoles. En partenariat avec Rosalfor du groupe Hassan Derhem, le groupement écoule facilement sa production. Partis de rien pour devenir des exportateurs de produits de haute valeur ajoutée, les fondateurs d’Ajida peuvent se targuer d’avoir réussi.

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