Agriculture bio : 40 000 ha et 8 460 tonnes de produits d’origine animale d’ici 2020

Un contrat programme de plus d’un milliard de DH signé en marge des Assises de l’agriculture de Meknès. Un projet de loi relatif à  la production biologique agricole et aquatique adopté par le conseil de gouvernement.

Alors que le VIe Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) a ouvert ses portes à Meknès le mercredi 27 avril sous le thème de l’agriculture solidaire, le Maroc avance sur le dossier de l’agriculture biologique. D’abord, un contrat programme d’un montant de 1,121 milliard de DH a été signé en marge de la IVe édition des Assises de l’agriculture tenues le 26 avril à Meknès. Courant jusqu’en 2020, ce contrat programme engage la profession de la filière biologique, représentée par l’Association marocaine de la filière des productions biologiques (AMABIO) et trois ministères, à savoir celui de l’économie et des finances, celui de l’agriculture et de la pêche maritime et celui du commerce extérieur, à «améliorer la productivité de la filière biologique et sa compétitivité sur les marchés national et international». Pour cela, le contrat programme mise sur le «développement de la composante recherche/développement et le transfert de technologie, sur l’amélioration des conditions cadres de la filière et sur l’amélioration des technologies de valorisation et des conditions de commercialisation et de promotion des produits biologiques par le développement des exportations ainsi que la promotion des produits biologiques au niveau du marché national».
Des objectifs chiffrés ont pour l’occasion été annoncés. Aussi, le Maroc ambitionne-t-il de produire 8 460 tonnes de productions biologiques animales dont 5 000 de viande blanche, 875 de viande rouge, 2 000 œufs, 500 tonnes de miel et 85 de produits laitiers agréés biologiques à l’horizon 2020.

Pour le moment, seul le quart des productions effectivement biologiques est exporté

De même, le contrat programme table sur une superficie globale cultivée en agriculture biologique de 40 000 ha, sachant que le Maroc comptait en 2008 près de 8 millions d’hectares de surfaces cultivées, d’après les statistiques du Haut commissariat au plan. 35 000 emplois permanents devraient par ailleurs être créés grâce à ce contrat programme. L’annonce de ce contrat programme intervient quelques jours après l’adoption par le conseil de gouvernement du projet de loi 29-10 relatif à la production biologique de denrées agricoles et aquatiques. Désormais entré dans le circuit d’adoption, ce texte a pour objectif premier de réglementer une activité qui ne l’était pas jusque-là. La loi prévoit ainsi tout un chapitre sur le contrôle et la certification des produits biologiques. Tout organisme de contrôle et de certification, qu’il soit public ou privé, devra ainsi satisfaire les cahiers des charges actuellement en cours de finalisation. Lesquels cahiers des charges devront être en parfaite harmonie avec les réglementations européennes en vigueur (voir encadré). Il faut dire que l’export de ces produits biologiques marocains vers l’Europe représente une opportunité à saisir pour le Maroc. Seulement 25% des productions effectivement biologiques sont actuellement exportées. La législation permettra surtout de donner du crédit sur le marché international à des produits d’ores et déjà cultivés selon les critères de l’agriculture biologique, à l’image de l’huile d’argan ou des plantes aromatiques et médicinales.