Afrique : Entretien avec Jamal Ahizoune, DGA du groupe Attijariwafa bank

Le lancement du club Afrique Développement émane de la volonté de la banque de créer une plate-forme d’échange. La présence du groupe dans 14 pays permet d’atténuer les impacts conjoncturels négatifs sur les pays fortement dépendants des revenus pétroliers.

Attijariwafa bank vient de lancer le Club Afrique Développement. Quelles sont vos attentes?

Le Club Afrique Développement est né de la volonté du groupe Attijariwafa bank de créer une plate-forme permanente d’échanges, d’informations et de mises en relations au service des opérateurs économiques africains. Il s’agissait aussi de répondre à une  attente exprimée par les participants réguliers du Forum international Afrique Développement, qui souhaitaient institutionnaliser la démarche et l’esprit du forum, entre chaque édition devenue annuelle. Nous espérons donc répondre à cette attente et créer une véritable communauté digitale au sein d’un club, en vue de permettre aux opérateurs africains de mieux saisir les opportunités d’affaires, tout en leur proposant un contenu à forte valeur ajoutée à même de faciliter leurs démarches d’étude et de prospection, à travers des publications, des informations économiques ou encore des formations spécialisées.

En tant qu’initiateur du concept, notre attente est naturellement que le club cristallise, encore un peu plus, l’engagement du groupe Attijariwafa bank auprès des acteurs économiques résolument investis en Afrique.

Que représente le Forum international Afrique développement 2016 pour votre groupe ?

C’est un événement majeur, qui ponctue désormais la vie du groupe Attijariwafa bank, et qui constitue un rendez-vous clé, incontournable, couru et très attendu par nos clients Corporate au Maroc et dans nos pays de présence au Maghreb et au sud du Sahara. La 4e édition, organisée en partenariat avec Maroc Export, se tiendra les 25 et 26 février 2016 à Casablanca. Elle sera marquée par un mot d’ordre fédérateur au centre des préoccupations de notre continent : «Agriculture et Electrification, mobiliser les énergies».

Le forum constitue également une tribune inédite pour les gouvernements de nos pays de présence, pour exposer leurs plans de développement et leurs projets structurants devant un parterre d’opérateurs privés et d’institutionnels africains. C’est l’occasion de traiter des problématiques économiques d’actualité pour le continent africain à travers des panels thématiques animés par des personnalités et des experts de renom, partageant ainsi leurs visions et leurs expériences. Mais le Forum international Afrique Développement est aussi une plate-forme de rencontres B-to-B ciblées, organisées par le groupe Attijariwafa bank au profit de ses clients Corporate, dans le but de créer des opportunités d’affaires concrètes et contribuer de manière pragmatique au développement de la coopération Sud-Sud.

Quelle est votre stratégie de développement en Afrique ?

La démarche d’investissement du groupe Attijariwafa bank obéit à une logique pragmatique et progressive qui consiste à saisir les opportunités et le mode d’implantation selon plusieurs critères et une priorisation qui lui sont propres.

Ainsi, il était nécessaire de couvrir successivement les pays du Maghreb, des zones économiques intégrées de l’UEMOA et de la CEMAC.  Par cercles concentriques et depuis un certain temps déjà, le groupe est en prospection de marchés situés au-delà de l’Afrique francophone mais la maturité des opportunités n’était pas encore suffisante pour la traduire par une présence effective sur le terrain, ce qui ne préjuge en rien de l’état actuel de nos projets d’implantation.

Quels sont les pays africains qui présentent un fort potentiel de croissance ?

Globalement, le taux de croissance annuel moyen des économies africaines est estimé par les experts à près de 5% par an pour la décennie en cours, ce qui place l’Afrique en tête des continents en termes de dynamique et de croissance future. Ceci dit, on constate certaines disparités dans le potentiel de croissance selon les régions et les pays : l’Afrique de l’Est, et plus particulièrement des pays comme l’Ethiopie et le Kenya, s’inscrivent parmi les pays les plus dynamiques, en matière de croissance du PIB mais aussi d’attractivité des IDE. La Côte d’Ivoire est souvent citée en exemple dans la zone UEMOA comme locomotive économique régionale, avec des taux de croissance de 8% à 9% par an, et un programme ambitieux d’investissements publics dans les infrastructures de base. En revanche, le FMI a récemment émis une alerte conjoncturelle concernant les pays ayant une forte dépendance économique aux recettes pétrolières et gazières (Nigéria, Angola, Gabon, Congo,…), en raison de la chute des cours des hydrocarbures, impactant de fait négativement leurs performances économiques et leurs équilibres budgétaires.

Comment se portent les économies de vos pays de présence?

Le groupe Attijariwafa bank opère dans 14 pays africains, dont les économies sont relativement diversifiées, permettant ainsi d’atténuer les impacts conjoncturels négatifs sur les pays fortement dépendants des revenus pétroliers. Dans l’ensemble, nos pays de présence réalisent des croissances continues : les économies nationales démontrent une bonne résilience aux aléas de la conjoncture et un fort penchant pour l’investissement public tant sont importants les besoins en infrastructures et en transformation industrielle.