Afem : Khadija Doukkali démissionne

Elle parle d’absence de transparence lors des dernières élections

D’autres membres de l’association ont démissionné

La
nouvelle présidente dément les affirmations de Mme Doukkali.

Remous au sein de l’Association des femmes chefs d’entreprise (Afem), dont les instances dirigeantes ont été fraà®chement recomposées après les élections tenues le 28 juin dernier. Boutheyna Iraqui Houssaà¯ni, la nouvelle patronne de l’association, doit faire face à  la démission retentissante de sa concurrente aux élections. Khadija Doukkali, membre fondateur et secrétaire générale de l’Afem, a communiqué sa démission au conseil d’administration de l’association et risque d’entraà®ner dans l’élan de son action d’autres membres. Selon des témoignages divergents recueillis par La Vie éco, entre trois et cinq chefs d’entreprises ont emboà®té le pas à  Mme Doukkali et d’autres sont en train de mûrir leur décision.

Si le mouvement contestataire vient à  se confirmer, il risque de fragiliser l’association, à  peine âgée de six ans. Contactée au téléphone, Mme Doukkali explique sa décision par l’ambiance qui s’est installée au lendemain des élections. Selon elle, ces dernières ne se sont pas déroulées dans la transparence totale. Elle reproche même à  la présidente sortante, Salwa Karkri, son manque de neutralité. «J’ai été écÅ“urée par les pratiques observées le jour des élections, affirme-t-elle. Des membres, qui détenaient des pouvoirs de vote d’autres adhérentes, ont libellé des chèques en leurs noms pour régulariser leur situation et pouvoir voter à  leur place en pleine assemblée générale. Normalement, cette pratique aurait dû être interdite». Les affirmations de Mme Doukkali sont confirmées par d’autres membres.

De son côté, Boutheyna Iraqui Housseini, l’actuelle présidente, est soucieuse de préserver l’image de l’Afem mais devra faire face à  une fronde qui risque de se renforcer davantage. Tout en ne niant pas l’existence de démissions, elle minimise leur importance et affirme avoir été «étonnée par la démission de Mme Doukkali d’autant plus que je lui avais proposé de rejoindre mon équipe». Quant au déroulement des élections, elle rajoute que la commission juridique, présidée par Saà¯da Karim Lamrani, «s’est conformée aux statuts et n’aurait pas pu laisser passer des choses pareilles». Affaire à  suivre.