Aéroports : le grand chambardement

10 milliards de DH seront dépensés en cinq ans. La capacité d’accueil passera de 16 à 30 millions de passagers

La plupart des grands aéroports sont en cours d’extension ou en voie de l’être.
De nouveaux terminaux à Tanger, Essaouira et Rabat-Salé, une
nouvelle piste à Oujda.

Dans 5 ans, le Maroc des aéroports présentera un autre visage. Plus de capacité, mais également plus de modernité. Une vision entamée il y a trois ans déjà, avant un plan 2004-2007 qui est en train de toucher à sa fin, et un autre, 2008-2012, qui devrait aboutir, in fine, à une capacité globale de 30 millions de passagers en 2010, contre à peine 16 millions en 2004.

A mi-parcours, les objectifs ont-ils été atteints ? Apparemment oui. Il y a d’abord Casablanca, avec l’ouverture, le 8 septembre dernier, du terminal II de l’aéroport Casablanca Mohammed V, qui va donner à la capitale économique un nouvel élan, en portant sa capacité à plus de 10 millions de passagers par an, et surtout en lui donnant les moyens de devenir un hub international.

Mais ce n’est pas tout car les travaux vont bon train dans plusieurs autres aéroports. A Tanger Ibn Battouta, un nouveau terminal dont l’ouverture est prévue avant la fin de l’année est en phase de finition. Il portera la capacité de cet aéroport à 1,5 million de passagers par an pour un investissement de 170 MDH. Ce projet est réalisé à point nommé quand on sait que le nord du pays est appelé à devenir un pôle touristique et industriel important. A Essaouira, 47 MDH ont été investis pour la construction d’un nouveau terminal et d’une nouvelle piste. Le tout sera opérationnel avant la fin de l’année. La capacité d’accueil, qui est actuellement de 100 000 passagers par an, sera également considérablement augmentée.

Quadruplement de capacité pour Oujda Angad
Marrakech, qui reçoit actuellement 24 % du trafic global avec ses deux terminaux, ambitionne elle aussi d’accueillir à moyen terme 10 millions de passagers en 2010 avec la construction d’un troisième terminal dont les travaux vont démarrer dans six mois environ. Mais, plus que les pistes et les terminaux, ce sont plutôt les infrastructures d’accueil et de traitement des passagers qui font défaut à l’aéroport de Marrakech Menara. C’est ainsi que, malgré l’ouverture du deuxième terminal en avril 2006, l’aéroport connaît toujours une saturation en période de pointe. L’aménagement d’une nouvelle salle d’embarquement et le réaménagement du hall actuel, dont l’ouverture est prévue en décembre 2007, devrait soulager l’aéroport de la ville ocre. Le montant global de l’investissement prévu à cet effet s’élève à 400 MDH.

Un deuxième terminal est également prévu à l’aéroport de Dakhla, en plus de divers aménagements qui vont porter la capacité de cet aéroport de 55 000 à 300 000 personnes pour un coût de 60 MDH.

Pour Oujda Angad, une enveloppe de 650 MDH est consacrée à la construction d’une nouvelle piste mieux orientée et d’un nouveau terminal. La capacité de cet aéroport passera de 500 000 à 2 millions de personnes. Ce sera l’un des principaux points de passage pour la station balnéaire de Saïdia qui donnera une véritable impulsion à l’économie de cette région.

Enfin, à Rabat-Salé, l’aéroport sera modernisé avec la construction également d’un nouveau terminal et le réaménagement des deux existants. La capacité de cet aéroport sera portée à 3,5 millions de passagers en 2010, au lieu de 500 000 actuellement. Montant de l’investissement : 150 MDH.

Reste enfin ce que l’on appelle les plateformes secondaires, ou les petits aérodromes régionaux, comme Bouarfa, Taza, Guelmim, Zagora, Beni Mellal , Tan Tan, Al Hoceima… et que l’office ne compte pas exclure de son plan de développement. L’ONDA opte dans ces cas-là pour un cofinancement avec les Conseils régionaux, car, souvent, ces plateformes se trouvent sur des sites à fort potentiel touristique.

D’ailleurs, et comme l’explique Abdelhanine Benallou, DG de l’office, ces plans de développement «collent de près au plan Azur pour le tourisme et tiennent également compte du développement économique du pays et de ses conséquences sur le trafic aérien, sachant que le Maroc, avec l’adhésion à l’open sky, a choisi de s’intégrer à l’espace européen».