Aéronautique : une croissance des exportations de 15% attendue pour cette année

Selon la profession, la décélération de la croissance à  fin septembre est due au cycle d’exploitation assez long dans le secteur. Le Gimas affirme que les chiffres de l’Office des changes ne cadrent pas avec leurs propres données et que les commandes atteignent un niveau historique.

L’industrie aéronautique serait-elle en perte de vitesse ? D’après les derniers chiffres de l’Office des changes arrêtés à fin septembre, la décélération est bien palpable. Les exportations du secteur se sont établies à 5,5 milliards de DH, affichant une hausse timide de 3,3% qui tranche avec les performances habituelles de ce secteur et des autres métiers mondiaux du Maroc (les exportations de l’automobile ont crû de +30% et ceux de l’électronique de +26% sur la même période). Toutefois, les opérateurs écartent entièrement une éventuelle baisse de régime de leur activité.

De l’avis d’un sous-traitant, cette décélération serait due surtout au cycle d’exploitation particulièrement long pour l’export de quelques biens finis, dont la production prend beacoup de temps et qui ne sont pas encore comptabilisés. Cet avis est corroboré par le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas) qui estime que les chiffres à fin septembre ne renseignent pas sur la vraie dynamique du secteur. «Il faut attendre la fin de l’année pour faire le bilan vu que plusieurs opérateurs travaillent sur des commandes actuellement. De plus, le degré d’intégration du secteur fait en sorte qu’une bonne partie de l’activité n’apparaît pas sur les chiffres de l’Office des change», affirme Maria El filali, directrice du Gimas.

Bombardier a démarré ses exportations

La responsable ne cache pas pour autant son étonnement par rapport aux données de l’office. Ces dernières ne cadrent pas avec les statistiques du Gimas. Pour elle, comme pour plusieurs opérateurs, le secteur est sur une très bonne dynamique grâce à des commandes d’un niveau historique, portées par la bonne tenue du marché de l’aéronautique à l’international. Sachant que la majorité des entreprises du secteur travaillent avec des contrats de long terme avec les donneurs d’ordre, elles n’ont pas de raison pour ne pas consolider le rythme de croisière qu’elles ont atteint. «Nous prévoyons ainsi finir l’année sur une croissance des expéditions de l’ordre de 15% au minimum», rassure Mme El Filali. La performance du secteur pourrait même dépasser ce niveau compte tenu du fait que les investissements se font exactement selon les business plans annoncés, notamment pour Bombardier qui a commencé effectivement ses exportations, et Aerolia, la dernière entreprise implantée. De plus, plusieurs entités déjà installées procèdent à des extensions pour répondre à des commandes de plus en plus importantes.