A Casa et Agadir, les nouvelles villes butent sur le foncier

Les études de faisabilité des deux villes nouvelles sont bien avancées mais l’acquisition des terrains est problématique
A Casa, les terres sont propriétés de la Sodea ; à  Agadir, elles appartiennent au domaine forestier

Le lancement officiel de ces infrastructures d’habitat est prévu pour le premier semestre 2007.

Lakhyayta à  Casablanca, Melloussa à  Tanger et Tagadirt à  Agadir. Trois nouvelles villes avaient été annoncées en février 2006 par le ministère chargé de l’habitat et de l’urbanisme. Le succès des deux précédentes expériences, Tamansourt, à  Marrakech, et Tamesna, à  Rabat, n’a apparemment pas laissé indifférents les responsables d’autres grandes villes du Royaume. C’est ainsi que, depuis plusieurs mois, de nombreuses agences urbaines se sont attelées à  mener des études de faisabilité pour la construction de nouvelles agglomérations à  leurs portes. Fès, Casablanca, Nador, Mohammédia, Tanger et Agadir, entre autres, sont concernées. «Pour le moment, trois projets avancent très bien», affirme Abderrahim Chorfi, directeur de l’urbanisme au ministère de l’habitat et de l’urbanisme. Il s’agit de Casablanca, Tanger et Agadir. «Nous sommes actuellement en phase de mobilisation du foncier, ce qui n’est pas une mince affaire», nuance toutefois le responsable de l’urbanisme. En effet, deux des trois nouveaux projets annoncés en février 2006 posent des problèmes à  ce niveau.

Une solution en vue pour Casa, des soucis pour Agadir
Les études relatives à  la nouvelle agglomération aux portes de Casablanca, menées par les services de l’Agence urbaine, portent sur un total de 1 300 ha. Le site choisi se situe à  Lakhyayta, à  8 kilomètres au sud de la métropole. Un site qui pose des difficultés aux responsables du projet. Et pour cause, l’essentiel des terres lorgnées par le département de l’habitat sont actuellement propriété de la Sodea. «Nous sommes en train d’envisager plusieurs scénarios avec les responsables du ministère de l’agriculture», affirme Abderrahmane Chorfi. L’affaire devrait, en principe, être débloquée d’ici la fin de l’année, les responsables de Sodea-Sogeta ayant d’ores et déjà  inclus de telles demandes dans leurs prévisions. En effet, dans le cadre de la seconde phase de cession des terres des sociétés agricoles étatiques, dont le lancement est prévu en ce début de campagne agricole, quelque 5 000 ha sur un total de 45 000 ha à  céder, sont réservés aux besoins de l’habitat et de l’urbanisme.

Une filiale de la CDG pour mener le projet de Zenata Al Jadida
Le processus de mobilisation du foncier pour la zone de Tagadirt, la nouvelle ville d’Agadir, bute également sur de nombreux problèmes. Les études menées par l’Agence urbaine de la capitale du Souss se rapportent à  un site à  6 km d’Agadir qui pourra accueillir, à  terme, quelque 250 000 habitants. Emplacement situé en pleine forêt d’arganier ! «Nous sommes en train de discuter avec le Haut commissariat aux Eaux et forêts à  ce sujet», précise le directeur de l’urbanisme. Seul site qui semble ne pas être affecté par des problèmes de mobilisation foncière, celui de Melloussa, situé à  15 km à  l’est de Tanger, et qui devra accueillir, dans une première tranche, quelque 30 000 habitants. «Là , les études sont quasiment bouclées et le lancement officiel des travaux interviendra bientôt».

A noter que ces trois projets seront réalisés par des établissements publics relevant du ministère délégué chargé de l’habitat et de l’urbanisme. Ce n’est pas le cas pour une quatrième nouvelle ville également prévue au programme : celle de Zenata Al Jadida, dans la banlieue nord de Casablanca, dont les études de faisabilité avancent également à  un rythme soutenu. Une exception sera faite pour ce projet puisque son aménagement sera confié à  une filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). A signaler que Zenata Al Jadida s’étendra sur une superficie de 2 000 ha et devrait abriter quelque 500 000 habitants à  l’horizon 2030.

Focus
Les nouvelles villes en chiffres
Lakhyayta : le site se trouve à  8 km au sud de Casablanca. La superficie totale retenue par ce projet est de 1 300 ha. A terme, elle accueillera 300 000 habitants.

Tagadirt : l’emplacement de cette nouvelle ville se situe à  6 km d’Agadir. Elle devrait accueillir près de 250 000 habitants.

Melloussa : située à  15 km de Tanger. Sa première tranche devrait accueillir quelque 30 000 habitants.