à‰largissement de l’autoroute Casa-Rabat : les réponses aux questions que vous vous posez

Il sera achevé à  fin octobre 2012, 28 km de voies élargies ouvert à  la circulation cette année. Il n’y a pas plus d’accidents corporels ni de blessés graves ou de tués à  cause des travaux. On ne peut y interdire la circulation aux poids lourds en raison des contraintes qu’offrent les voies parallèles.

Les travaux de dédoublement de l’autoroute Casa-Rabat continuent de susciter des interrogations. Il est vrai que le trafic y est dense et le moindre incident a vite fait de rendre le trajet pénible. C’est que cette autoroute est l’axe privilégié de transport entre les deux agglomérations. Elle s’est saturée plus rapidement que prévu et nécessite qu’on l’élargisse. Elle reçoit près du 1/4 de la circulation sur autoroute et 5% de la circulation nationale hors agglomération ! La société des Autoroutes du Maroc vient de procéder à une enquête auprès d’un échantillon de 200 usagers. Ci-dessous l’essentiel de leurs questions et les réponses du concessionnaire.

Quand l’élargissement sera-t-il achevé ?

L’achèvement des travaux d’élargissement, prévu initialement en juillet 2012, a été entravé par la défaillance d’un des prestataires. Après de nouveaux appels d’offres, les travaux ont repris rapidement. L’achèvement du chantier ne sera finalement décalé que d’un trimestre. Autoroutes du Maroc (ADM) prévoit la fin des travaux pour le 31 octobre 2012. Toutefois, au cours de l’année 2011, 26 kilomètres de sections élargies à 2×3 voies vont être ouvertes à la circulation dont 16 km fin juin 2011, 8 km en août et 4 autres kilomètres d’ici la fin de l’année.

Qu’est-ce qui retarde les travaux ?

Paradoxalement, et en rapport à des travaux neufs, les travaux d’élargissement d’une autoroute posent de multiples problèmes et surtout la contrainte de mener des travaux sans interrompre la circulation alors que le trafic sur l’autoroute Casa-Rabat a explosé ces dernières années, passant de 30 000 à 45 000 véhicules par jour. Ce souci de ne pas gêner la circulation a pour conséquences le travail sur des plateformes étroites et des difficultés de circulation des engins, donc des rendements réduits par rapport à ceux enregistrés lors des travaux de construction d’autoroutes neuves.
De plus, selon ADM, pour garder un niveau de sécurité acceptable sur une autoroute en travaux, des dispositions ont été imposées aux entreprises dont la limitation des entrées/sorties des engins, l’interdiction d’accès à l’autoroute excepté par les échangeurs, l’interdiction de travailler sur deux sections concomitantes ou encore la limitation de la circulation des engins de chantier sur autoroute lors des périodes de pointe (week-ends, fêtes, vacances…).
Le Maroc ne fait pas exception, des travaux d’élargissement similaires ont nécessité sept ans de travaux dans des pays développés (cas de mise à 2×3 voies de l’autoroute entre Biriatou et Ondres en France pour un linéaire de 40 km).

Y a-t-il plus d’accidents en cette période de travaux ?

L’augmentation des accidents est une idée reçue selon ADM. En nombre, les accidents corporels de la circulation sur l’autoroute Rabat-Casablanca ont baissé de 17% en 2010, année où les travaux ont commencé. Le nombre de blessés graves a diminué de 25% et celui des tués de 52% ! Ramenée au nombre de véhicules circulant sur l’autoroute, la baisse est plus significative puisque, entre les deux années, ce dernier s’est accru de 2 272 véhicules par jour, en moyenne. ADM explique cette amélioration par les mesures de sécurité prises notamment en matière de passerelles pour piétons, de limitation de vitesse dans les zones en chantier ainsi que celle des poids lourds.

Pourquoi ne pas faire interdire la circulation des poids lourds pendant la période des travaux ?

Selon ADM, le trafic des poids lourds (PL) sur l’autoroute Casa–Rabat représente 24% du trafic global moyen journalier sur ce tronçon, soit l’équivalent de 10 000 PL/j et en «équivalents voitures particulières» près de 25 000 véhicules/jour, un camion, représentant pour la cirulation une gêne supérieure à celle de deux véhicules légers. Mais, dévier le trafic PL sur les voies parallèles est difficile. Les itinéraires parallèles à l’autoroute sont soit limités en tonnage (12 tonnes max. de PTC) soit traversent plusieurs agglomérations. La circulation estivale restreint également la circulation des poids lourds. L’autoroute Casa-Rabat reste encore  l’itinéraire le plus fluide et le plus sécurisé.

Pourquoi ne pas maintenir la largeur initiale des voies dans les sections en travaux ?

L’élargissement de l’autoroute Rabat-Casablanca se fait à 85% par l’intérieur (bande d’arrêt d’urgence conservée) et à 15% par l’extérieur, dernier cas d’élargissement par l’extérieur, la longueur des sections d’élargissement ne dépasse pas 2 kilomètres.
La nécessité de se raccorder à la chaussée existante et de séparer la circulation du chantier a entraîné le rétrécissement des voies de 3,50 m x 3,50 m à 3,20 m x 3,00m. Cette réduction a pour objet d’assurer un bon raccordement entre la chaussée existante et celle nouvellement construite et surtout de permettre la pose de séparateurs modulaires de voies en béton armé de type BT4 pour séparer le chantier de la circulation et garantir ainsi la sécurité des usagers.

Combien le projet coûtera-t-il ? Et pourquoi le péage, sachant que le projet bénéficie de sources de financement ?

Le montant des coûts des travaux estimé au stade actuel de l’avancement de l’opération est de 1,1 milliard de dirhams, hors TVA. Ce coût est couvert effectivement, en partie, par un financement à hauteur de 600 MDH par le Fonds arabe de développement économique et social (FADES) et, en partie, par des fonds propres. Mais il ne s’agit que d’un prêt qu’il faut rembourser avec les intérêts. Pour ADM, qui ne reçoit aucune subvention, le péage constitue quasiment la seule source de revenus permettant de rembourser les emprunts et au final de développer et d’entretenir le réseau.

Pourquoi ne pas supprimer le péage pour une autoroute qui est en travaux ?

Selon ADM, le péage est une redevance d’usage d’une infrastructure publique. Son application est une prérogative de la puissance publique et son recouvrement est fait pour le compte de l’Etat et relève d’une obligation légale. En fait, il y a deux choix, soit compter sur le Budget de l’Etat, soit que les usagers paient pour l’autoroute qu’ils utilisent. Dans le premier scénario, il y a une injustice puisque tous les citoyens paient pour un service que seule une partie d’entre eux utilise. Le péage restera donc appliqué.