950 000 tonnes de sucre, 79% de nos besoins seront importés en 2012 !

La tonne de sucre est à  667 dollars sur le marché international. Les importations des deux premiers mois sont en hausse de 25.2% en valeur. La charge de compensation devrait atteindre 5 milliards de DH, soit 500 millions de plus qu’en 2011.

Les Marocains, c’est bien connu, sont de gros consommateurs de sucre. Avec une moyenne de 35 kg par habitant et par an, leur consommation est largement supérieure à la moyenne mondiale qui est de l’ordre de 20 kg. Outre les problèmes de santé (le diabète, notamment) que génère ce niveau de consommation, les finances de l’Etat sont également malmenées, en raison de la compensation dont bénéficie ce produit. Bien plus, quand la nature s’en mêle, comme c’est le cas aujourd’hui avec l’absence de précipitations, ou bien quand ces mêmes précipitations occasionnent des dégâts pour la récolte, comme ce fut le cas en 2009/2010 où 7 000 hectares de betteraves et 900 hectares de cannes à sucre avaient été inondés, l’importation, qui devient alors incontournable, ajoute sa part dans le déficit du commerce extérieur.
Pour l’année 2012, Cosumar prévoit en effet d’importer 950 000 tonnes de sucre brut, un niveau en hausse de 11,2% par rapport à 2011. Cette augmentation du volume du sucre (brut) importé s’explique, selon les responsables de Cosumar, d’un côté par les conditions climatiques défavorables, notamment le gel qui a affecté les plantations de canne à sucre dans les régions du Gharb et du Loukkos, et, de l’autre côté, l’évolution des besoins du Maroc en sucre qui devaient augmenter de l’ordre de 2% (+ 25 000 tonnes) à 1,2 million de tonnes.
Avec des cours du sucre toujours élevés, la facture risque, de nouveau, de peser lourd tant sur les charges de compensation, donc les finances publiques, que sur la balance commerciale. Le lundi 19 mars, en effet, la tonne de sucre cotait à 667,3 dollars, en hausse de 11% par rapport au mois de janvier 2011, et quasiment en stagnation (+0,04%) sur un an. Or, l’année dernière justement, les cours du sucre atteignaient des niveaux stratosphériques. Autrement dit, il n’y a pas d’accalmie à ce niveau.

La production locale couvre habituellement 40 à 45% des besoins

Sur les deux premiers mois de cette année, les importations de sucre se sont élevées à 1,06 milliard de DH, en hausse de 25,2% par rapport à la même période de 2011. A ce rythme, la facture à la fin de l’exercice pourrait dépasser les 6 milliards de DH, contre 4,8 milliards en 2011. Conséquemment, les charges de compensation pour ce produit, qui étaient de quelque 4,5 milliards de DH en 2011, atteindraient les 5 milliards de DH.
C’est que la consommation du sucre à travers le monde augmente sans cesse, alors que la production ne suit pas toujours, ou alors une partie de cette production se trouve détournée vers la fabrication de biocarburant, comme c’est le cas au Brésil, principal producteur de sucre.
Pourtant, sur la saison allant d’octobre 2011 à septembre 2012, la production mondiale de sucre devrait enregistrer un excédent de 4,2 millions de tonnes à 172,3 millions de tonnes, par rapport à une demande qui, elle, s’élève à plus de 168 millions de tonnes. Mais, d’une part, l’offre brésilienne, comme déjà indiqué, est amputée d’une partie destinée à la fabrication de l’éthanol, et, d’autre part, des investisseurs ont désormais pénétré ce marché, y introduisant ce qui est déjà en vigueur dans le marché pétrolier, c’est-à-dire la spéculation sur ce produit. Et puis, il faut le souligner, ce léger excédent de la production sur la consommation est venu après deux années (entre 2008 et 2010) de fort déficit et tout juste un fragile équilibre en 2011 avec un excédent de 843 000 tonnes.
Il se trouve qu’au Maroc, où la production locale ne couvre  habituellement que 40 à 45% des besoins, les mauvaises conditions climatiques obligent Cosumar à recourir à l‘importation aussi bien pour satisfaire correctement la demande que pour maintenir le niveau requis des stocks de sécurité.