9% de taux de chômage global

9% de taux de chômage global, mais les jeunes, les diplômés et les citadins sont les plus touchés.

Le gouvernement sortant a créé en moyenne 119 000 emplois par an entre 2007 et 2010 , c’est-à-dire moins de la moitié de l’objectif (250 000 par an) qu’il s’était fixé à son arrivée en 2007. Certes, ce gouvernement, on s’en souvient, avait adossé son objectif en termes d’emploi à une prévision de croissance moyenne de 6 % par an, qui ne s’est pas réalisée ; la crise économique internationale, apparue en 2008, ayant produit des impacts négatifs sur le Maroc à partir de 2009.

En fait, la crise n’explique qu’en partie la faiblesse du niveau de création d’emplois. L’autre partie de l’explication tient, d’une part, à l’amélioration de la productivité, et, d’autre part, au recul de l’emploi non rémunéré, conséquence de l’évolution de l’offre de travail, devenue de plus en plus exigeante. Si, avant 2007, les volumes d’emplois créés pouvaient atteindre jusqu’à 426 000 postes par an, comme ce fut le cas en 2003 (avec une moyenne de 200 000 emplois par an entre 2000 et 2007), c’est parce que la part de l’emploi non rémunéré dans le volume global de l’emploi était encore très élevée : en 2006, par exemple, l’emploi non rémunéré représentait près de 30% de l’emploi total, et aujourd’hui cette proportion est de l’ordre de 23%. Autrement dit, aujourd’hui on est de moins en moins enclin à accepter n’importe quel travail, ce qui est du reste conforme à l’évolution générale de la société.

Mais alors, comment expliquer que le taux de chômage ait baissé malgré la faiblesse du niveau de création d’emplois ? D’abord, la baisse du chômage  n’est pas très importante : 9,8% en 2007 et 9,1% en 2010. Et en plus, ceci reste bien sûr un ratio, certes important, mais en valeur absolue, le nombre de chômeurs n’a pas baissé. Entre 2009 et 2010, par exemple, le nombre est passé de 1 029 358 chômeurs à 1  037 095, soit 7 737 chômeurs de plus.

De fait, ce repli du taux de chômage est aussi lié à la faible croissance de la population active (âgée de 15 et plus), conséquence de la chute de la fécondité féminine. Exemple : en 2003, la population active avait crû de 5%, en 2007 de 1,4%, en 2010 de 1,1%. Cela induit une pression moindre sur le marché du travail. Enfin, ce recul relatif du chômage est également favorisé par l’augmentation du sous-emploi : 11,6% en 2010 contre 9,6% en 2008. Mais le problème du chômage, c’est surtout celui des jeunes (31% pour la tranche d’âge 15/24 ans), des diplômés (18%) et des citadins (13,8%). Or, c’est là où l’Etat et le privé ont, jusqu’à présent, peiné pour créer des postes de travail. En réalité, le Maroc n’a jamais eu une véritable politique de l’emploi, il a jusqu’à présent géré par des mesures ponctuelles axées autour de programmes (Idmaj, Moukawalati, Ta’hil).
Ces mesures sont sans doute intéressantes mais demeurent insuffisantes. Ce qui fait reculer substantiellement le chômage, c’est une croissance riche en emplois, mais en emploi de qualité. Or, la croissance au Maroc, même lorsqu’elle est élevée, crée peu d’emplois et ceux-ci sont surtout de faible qualification.