79 nouveaux courtiers toujours privés de code de placement

Les compagnies disent satisfaire les demandes selon la compétence du requérant, l’emplacement du cabinet et le potentiel de production

La Direction des assurances
n’a aucun pouvoir légal pour arbitrer.

Les compagnies d’assurance refusent toujours de délivrer des codes de placement à 79 nouveaux courtiers en assurance sur les 81 autorisés à exercer en juin 2005 par la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS). Ce sont deux courtiers installés à Casablanca qui ont bénéficié, l’un du code de RMA-Watanya et le deuxième de celui d’Atlanta/Sanad.

Atika Rbaa, installée à Dakhla, attend depuis octobre 2005 de «décrocher ne serait-ce qu’un seul code de placement pour démarrer ses activités et couvrir ses premières charges d’exploitation». Alors que cette ville ne compte qu’un agent pour plus de 40 000 habitants, une flotte d’automobiles assez importante et une activité de pêche florissante, aucune des compagnies de la place n’accepte de collaborer avec elle. Seule la Zurich lui a signifié son refus de collaborer, précisant qu’elle n’a pas de «besoin immédiat de production dans la région». En attendant, le courtier de Dakhla a investi jusque-là plus de 250 000 DH pour installer ses bureaux.

Les assurances souhaitent la révision des conditions d’accès au métier
Autre risque : l’agrément accordé à un courtier peut lui être retiré par la DAPS s’il ne réalise aucune production au bout d’une année. Pour sa part, la Fédération nationale des agents et courtiers en assurance déclare qu’«elle n’a pas encore été saisie par les nouveaux courtiers pour solliciter l’arbitrage de la DAPS». Les Finances, elles, ont déclaré à maintes reprises n’avoir aucun pouvoir réglementaire pour obliger les compagnies à collaborer avec les nouveaux courtiers. «C’est une relation d’affaires scellée d’un commun accord entre les deux parties», précise-t-on. Mais son directeur avait appelé les compagnies à revoir leurs critères de sélection pour pouvoir satisfaire les demandes des courtiers.

Du côté des compagnies d’assurance, on explique que les codes sont délivrés selon la compétence du requérant, l’emplacement et le potentiel de production. «Nous voulons minimiser les risques en sélectionnant les meilleurs profils», confie le DG d’une compagnie, qui souhaite garder l’anonymat. Selon lui, «il faut revoir les critères d’admission car il est impensable qu’un diplômé en géographie ou en littérature prétende exercer le métier d’intermédiaire, après seulement 6 mois de stage».