75 DH le kilo, les prix des viandes rouges flambent

Les éleveurs font de la rétention pour reconstituer le cheptel et se préparer à  la prochaine fête
du mouton.
Les chevillards doivent payer plus pour pouvoir acheter des bêtes pour l’abattage.

De nouveau une flambée des prix des viandes rouges à Casablanca. Pour une fois, on n’a plus besoin de demander le prix de la viande ovine et bovine séparément. Pour ces deux catégories, il faut débourser 75 DH/ kg, avec de petites variations, selon les quartiers et les parties désirées. Bouchers et  chevillards ont opéré une sorte de péréquation pour se retrouver dans leur compte. Naturellement, les prix de détail découlent de ceux du gros qui ont sensiblement augmenté comparativement à l’année dernière, au niveau des abattoirs. D’après les statistiques communiquées par le service vétérinaire de Casablanca, le kg de l’agnelle a été cédé entre 56 et 60 DH durant la journée du 20 juillet ; l’agneau entre 62 et 64 DH tandis que le kg de viande bovine était aux alentours de 60 à 62 DH. En 2008 à la même période, le kilo de viande ovine était cédé à 53 DH et celui de viande bovine à 56,50 DH.
En fait, cette tendance à la hausse est amorcée depuis quelques semaines parce qu’au 20 juin dernier, le kilo de viande ovine et bovine était respectivement à 57 DH et 52 DH. Quelles sont les raisons d’une telle hausse ? Selon le Dr Abdallah Assouel, chef du service vétérinaire de Casablanca, l’explication réside tout simplement dans la loi de l’offre et de la demande. Depuis quelques semaines déjà, les chevillards ont commencé à avoir du mal à s’approvisionner car les éleveurs font de la rétention. En effet, l’année étant exceptionnelle, les éleveurs ont toutes les raisons de garder leurs bêtes, car elles trouvent à manger dans les champs et ne leur occasionnent aucune dépense. De plus, ajoute Mohamed Oummada, éleveur, ils reconstituent le cheptel parce qu’ils ont dû en vendre une partie durant les trois dernières années qui ont été assez difficiles, pour dégager de la trésorerie en vue de subvenir à ses besoins.
Par ailleurs, beaucoup ont déjà commencé les opérations d’engraissage dans la perspective de l’Aïd El Kébir. Les prix seront alors encore beaucoup plus intéressants.

L’arrivée des MRE augmente également la demande
Pour garder leur rythme d’abattage, les chevillards doivent par conséquent proposer des prix supérieurs à la moyenne et, bien entendu, la différence, comme toujours, sera répercutée sur le prix de vente au consommateur.
A tout cela, se mêle l’arrivée des Marocains résidents à l’étranger (MRE) qui occasionne forcément une demande additionnelle importante – le Marocain consomme en moyenne 12 kg de viande rouge par an dont 1,5 kg d’abats. Dès lors, il ne faudra pas s’attendre à un fléchissement des prix dans le court terme.
Les consommateurs  peuvent toutefois se tourner vers la viande blanche, avec le ris-que de voir, là aussi sous l’effet de la hausse de la demande, les prix flamber.