74 710 accidents de la circulation à fin novembre 2016… une hausse de 3,8% par rapport à la même période en 2015

Le comportement des usagers de la route reste le premier facteur à l’origine des accidents de route. La Stratégie nationale de sécurité routière 2016-2025 est prête et sera soumise au prochain gouvernement.

Le nombre des accidents de la route n’arrête pas d’augmenter. Cette tendance s’est confirmée durant les 11 premiers mois de l’année 2016. Selon les statistiques du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, leur nombre a atteint 74 710, soit une hausse de 3,79% par rapport à la même période de l’année 2015. Cependant, les accidents ont été moins meurtriers. En effet, le nombre de tués est resté quasi stable (+0,83%), à 3 290 sur 2 913 accidents. Le nombre de blessés graves a, lui, reculé de 9,67%, à 8 268. Les chiffres du ministère font également état de 109 200 blessés légers, en progression de 5,89% par rapport à la même période de 2015.

L’analyse de ces chiffres montre que la situation sur nos routes a connu, malgré tout, une toute petite amélioration. De l’avis de Benaceur Boulaajoul, secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), ce bilan vient confirmer l’aboutissement des efforts fournis par le ministère de tutelle et les instances opérant dans le domaine de la sécurité routière. «Les mesures prises à partir de 2012 ont permis de réduire le nombre des morts suite à des accidents routiers», avance le secrétaire permanent. Ce nombre a baissé de près de 15%, avec une moyenne de 3600 morts par an depuis 2013. 

Résultat : le nombre de tués pour 10 000 véhicules s’est établi à 10,2. Le ratio est de 10,63 tués pour 100 000 habitants. «Ces ratios classent le Royaume dans le rang des pays à faible taux de mortalité sur les routes», annonce notre source. Ils devraient baisser davantage avec le déploiement de la Stratégie nationale de sécurité routière 2016-2025 et le plan d’action relatif au domaine de la sécurité routière. Les autorités visent une baisse des accidents de 25% en 2020 et de 50% en 2025. Approuvée au début de 2016, la stratégie 2016-2025 sera soumise au prochain gouvernement.

Communication et sensibilisation du grand public

Cette stratégie vise à renforcer le contrôle et à promouvoir l’innovation dans le domaine de la sensibilisation et de travailler sur la base d’une stratégie de communication intégrée. Ainsi, elle se traduira par le renforcement de l’arsenal juridique et des contrôles dans les centres de visite technique, mais aussi par la mise en place d’un programme de formation pour les conducteurs.

La prise en charge rapide des victimes des accidents sera également l’une des priorités de la stratégie. La tutelle envisage par ailleurs d’investir dans la recherche et le développement liés à la sécurité routière.

Cependant, la communication et la sensibilisation du grand public seront bien mises en évidence dans ce programme national. Et pour cause, le comportement des usagers de la route reste le premier facteur à l’origine des accidents de la circulation. Preuve en est, l’étude réalisée par le CNPAC en septembre 2016 qui fait état du non-respect des usagers du code de la route. Dans le détail, près de 38% des conducteurs ne mettent pas la ceinture de sécurité dans le milieu urbain.

Ce taux s’établit à 34% en milieu rural. Aussi, plus d’un tiers des conducteurs des deux-roues ne portent pas de casque de sécurité et 20,5% ne l’utilise pas attaché. Ce pourcentage reste très élevé chez les passagers. En effet, 65,8% n’utilisent pas de casque de sécurité et 8,1% ne l’utilisent pas attaché.

Le non-respect des signalisations est une autre paire de manches. En effet, 16,5% font cette infraction de manière permanente. A cela s’ajoute le non-respect de la priorité au carrefour giratoire en milieu urbain: 15,4% des conducteurs commettent cette infraction. En revanche, le non-respect des panneaux de limitation de vitesse est aujourd’hui l’infraction la plus répandue : 64%. Sur ce pourcentage de conducteurs, 34,4% franchissent les limites à faible vitesse. Enfin, 66,7% des conducteurs ne respectent pas la priorité à droite en milieu urbain.